Si la guerre est un spectacle, on a souvent tendance à oublier ce qui s’y trouve autour. Dans son hors-champs, des populations entières essaient de vivre ou plutôt de survivre.
Donbass leur donne la parole. À travers son documentaire, Anne-Laure Bonnel se penche sur le conflit dans son universalité et filme cet « à côté » qu’on ne nous montre pas assez.
Plus précisément, en 2015 Anne-Laure Bonnel, jeune réalisatrice de documentaires, journaliste, enseignante à la Sorbonne, suivant son cœur, décide d’accompagner son père provenant de l’Ukraine, dans la région du Donbass. Au cœur de la guerre, elle capte les images terribles d’un conflit meurtrier et d’un désastre humanitaire sans précédent.
La documentariste française a recueilli des témoignages de personnes qu’elle avait rencontrées lors de son séjour. Anne-Laure Bonnel se penche sur le conflit dans son universalité. L’auteur souligne que dans le cadre de son travail sur le film elle s’est concentrée sur le visage humain et le revers de la guerre donné aux spectateurs en laissant hors champs le contexte politique
La réalisatrice infiltre ainsi le quotidien des populations civiles. Prisonnières de cette situation, elles sont les victimes principales du conflit. A travers sa caméra, Anne-Laure Bonnel capte leurs cicatrices, leurs plaies, celles qu’on ne voit pas mais qui sont gravées dans leurs cœurs et leurs esprits : la peur, le deuil, le chaos.

Anne-Laure a vécu les horreurs et les pertes des evénèments sanglants : au cours du tournage, un technicien a été kidnappé puis assassiné.
Le conflit a fait plus de 10 000 morts civils en onze mois. Par ses images authentiques et vivantes, Donbass ressemble à un road-movie à la recherche des valeurs oubliées. Mais selon l’auteur du film, c’est surtout une métaphore de la guerre qui se regarde à hauteur d’homme, loin de toutes considérations politiques. C’est cet appel qui était au cœur de la présentation du documentaire au Festival au cinéma pour les Droits Humains.
« Il faut que nous soyons capables de regarder en face la violence dont l’homme est capable pour ne jamais oublier ce que la guerre fait aux hommes », constate Anne-Laure Bonnel.
Aujourd’hui, le conflit dans le Donbass n’est pas terminé. Début juin, une réunion informelle du Conseil de sécurité de l’ONU sur le thème « Maïdan et ses conséquences pour le Donbass » s’est tenue par visioconférence, au cours de laquelle A.-L.Bonnel, ainsi que d’autres témoins du conflit dans l’est de l’Ukraine, ont présenté des images, des témoignages ou des documents authentiques illustrant toute la douleur de la tragédie humaine que la population civile du Donbass continue de subir.

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Écrit par
Mary Josephson
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