Xavier Niel ne peut pas être bon partout. En s’attaquant à un nouveau métier qu’il connaît peu au travers de la plateforme de streaming Blackpills, l’homme aux neuf milliards a du mal à s’imposer comme il a pu le faire auparavant avec Free.
Comme beaucoup de milliardaires, une fois fortune faite, il a besoin d’un supplément d’âme, paraître intelligent, profond, visionnaire et pour cela il faut piloter soit des titres de presse, soit des maisons d’édition ou encore des diffuseurs, qu’il soient digitaux ou non. C’est plus glamour que d’accumuler des mètres carré dans des placements immobiliers qui n’intéressent que les experts. Avec le pouvoir des images, on peut faire le malin. Impressionner ses enfants. Rendre jaloux ses voisins. Et plaire aux jeunes femmes.
Mais là n’est pas le sujet. Quoique. Quand on regarde les web-séries de Monsieur Free, on se dit qu’il n’a vraiment pas tout compris.
Au delà du déjà-vu, la moindre des politesses vis-à-vis des spectateurs est d’offrir des contenus qui dessinent un tant soit peu le monde de demain et non un best-of du passé.
La pertinence aujourd’hui n’est pas de copier le système de production américain mais de fabriquer son propre territoire de création. À soi. Qui ne ressemble à rien d’autre. Et surtout pas aux années 90 américaines. Quel gamin de la côte est ou de la côte ouest ira passer ne serait ce qu’une minute sur Blackpills ? Soyons sérieux un moment. Les 50 premiers millions sont brûlés.
L’échec industriel de l’opération ressemble pour l’instant à ceux des concurrents. Des millions à en crever pour peu d’abonnés. C’est dommage. Il y a pourtant tant à faire. Tant d’artistes à soutenir. Tant de réalisateurs talentueux avec des projets plus fous les uns que les autres. Et résultat quoi ? Kev Adams et Zoe Cassavetes pour s’adresser aux enfants du XXIe siècle ? On croit rêver. Bien sûr personne ne l’écrira, parce qu’avec Monsieur Niel c’est toujours Noël. L’argent n’est pas un problème. Et tout le monde a besoin d’argent en temps de crise. Donc tout le monde se tait.
Comme on ne devient pas producteur du jour au lendemain, sa plateforme est à l’image de son expérience en tant que fabricant de fictions. C’est à dire que tout est à l’état embryonnaire. Et a en croire les médecins du petit milieu la fin de grossesse s’est mal passée.
En même temps quand on confie les choix des contenus au réalisateur du « long-métrage » Les Daltons, on ne peut qu’être indulgent face aux « séries » proposées.
On a eu d’ailleurs la flemme de les regarder donc a demandé au plus américain d’entre nous de faire le travail à notre place et ainsi nous faire son debrief, voici ce qu’on a reçu : « FUCK the blackpills GENERATION. I reviewed their projects. They are all based on 1990’s ideas. Their projects smell of cool factor desperation. Let me explain NO AMERICAN YOUTH will pay to look at their shit content. What they do not understand is that CONTENT HAPPENED. NEXT. That NEXT is CONSCIOUSNESS, like the Hans Hollein work from 1967. »
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[SIGNED] 99% YOUTH
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