Quoique vous fassiez. Même si vous vous appelez James Joyce et que vous écrivez l’Ulysse. Même si vous peignez la Joconde, même si vous vous appelez Rosa Parks. Quoique vous fassiez, vous ne ferez jamais rien de plus réussi, de plus parfait qu’un enfant. Votre enfant.
Christopher Anderson est un photographe d’histoire. Un homme qui a dressé le portrait des plus grands hommes politiques, qui a suivi des boat people, qui fait partie de Magnum Photo. Mais quand Christopher Anderson est avec ses enfants, il est juste papa. Comme le général De Gaulle recevant un président étranger dans ses appartements privés, à quatre pattes, son petit-fils sur le dos. « Vous avez des petits-enfants ? », « oui », « alors vous m’excuserez ce manque au protocole », « oui ».
Mais là où la série Son du photographe canadien est géniale, au delà de la qualité des photos, c’est par sa volonté d’embrasser tout ce que sous-entend devenir papa psychologiquement. L’émerveillement devant l’enfant, certes, mais aussi le regard porté sur sa femme, devenant mère, restant femme, et la prise de conscience d’être soi-même un fils. Un nouveau regard sur son propre père.
Tout y est. Enveloppé de beauté. Magnifique.














Partager cet article
Écrit par
Zoé de Sagan
Rejoindre la conversation
La fiction d’avant-garde commence à ressembler à l’art conceptuel
Dans une ère où les frontières entre littérature et arts visuels s’estompent, une nouvelle vague d’écrivains d’avant-garde, de Sophie Calle à Enrique Vila-Matas, en passant par Ben Lerner et Teju Cole, transforme le roman en une forme d’art conceptuel.