Que l’on soit ébéniste, guitariste ou mineur de fond (cf. Stakhanov), il y a une part de folklore dans chaque métier. Le publicitaire n’échappe pas à cette règle. Alors que j’étudiais l’Histoire, des grands noms comme Laurent le Magnifique, François Ier ou encore Clemenceau, faisaient surtout autorité pour leur noblesse d’âme. En m’éloignant de la sérieuse bibliothèque Sainte-Geneviève, j’ai découvert un nouveau panthéon dont je souhaite vous ouvrir les portes : celui des anti-héros.
Je vous invite à plonger dans la contre-histoire d’acteurs souvent étiquetés de « salaud-menteur» : les publicitaires. Le sketch de Coluche sur la lessive qui lave plus blanc que blanc en serait le symbole. Et pourtant, à force de créativité, d’audace, de bêtises parfois, les meilleurs d’entre eux ont marqué la profession voire leur époque. Pourquoi mépriser autant ces artisans du désir, ces hommes qui murmurent à notre portefeuille ? Peut-être tirerons-nous de leur malice quelques bons enseignements. La publicité fourmille de personnages loufoques à la vie trépidante qui mériteraient un peu plus notre intérêt.
Nous voyagerons entre le XVIème et le XXIème s et rappellerons aux portraits d’hommes insolites tels Toulouse-Lautrec, les fondateurs d’agences mythiques comme David Ogilvy, Charles-Louis Havas, Marcel Bleustein-Blanchet, sans oublier leurs contemporains, Jacques Séguela ou le corrosif Thierry Ardisson.
En 1629 à l’origine de tout ces « papes » de la narration consumériste, il y ce génie français, Théophraste Renaudot.
Son histoire remonte aux années Richelieu, c’est à dire à la première moitié du XVIIème siècle. Apparaissent alors le journalisme et la publicité, trois cent ans avant les premières gravures de Leonetto Cappiello. Son fameux journal créé en 1631 la Gazette, est encore à ce jour le « canard » qui a vécu le plus longtemps. Sa parution s’est arrêtée en 1914 ! Théophraste cumule les casquettes de premier puisqu’il est aussi à l’origine du fameux Bureau d’Adresses et de rencontres. Il y recevait dans son cabinet situé sur l’Ile de la Cité, des gens sans emplois. Il faisait paraitre des annonces en échange de trois sous. La Feuille du Bureau d’Adresses mettait ainsi en relation des commerçants, des artisans à la recherche de main d’oeuvre.
Il signe là le premier exemple de ce qu’on qualifie aujourd’hui de « personal branding » et pose sans aucun doute les bases du Bon Coin.
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