Ce sont les contours d’une affaire sordide qui se dessinent lentement. Deux policiers, James D. et Gaëlle P., implantés en Seine-et-Marne, sont soupçonnés d’actes pédophiles ainsi que de complicité. Le premier est mis en cause pour des rapports sexuels imposés avec la fille de la deuxième, mineure de 15 ans. Il est mis en examen pour «agression sexuelle», «viol» et «corruption de mineur».
James D. est une figure syndicale ayant fait le tour des étiquettes majoritaires ces dernières années : Unité SGP Police d’abord, puis Unsa Police avant Alliance Police en 2017. Là, les témoignages divergent, quand certains assurent que James D. a quitté le syndicat dès 2017, d’autres affirment qu’il y est resté jusqu’en 2019. De source syndicale, l’homme aurait en fait été officiellement avisé de la fin de son détachement le 2 janvier 2020 et ne serait donc plus rattaché à Alliance depuis cette date. Il aurait été «invité à partir» pour des raisons qui n’ont rien à voir avec cette affaire, mais «parce qu’il n’effectuait pas le travail que nous attendions de lui».
Un signalement de l’éducation nationale
Depuis, après avoir tenté sans succès d’être de nouveau détaché par un autre syndicat, minoritaire, il serait en arrêt maladie. Ceux qui l’ont croisé et connu affirment ne pas avoir remarqué de traits de caractère laissant imaginer le pire. «Il est plutôt distant et ne donne pas forcément envie d’entretenir une relation amicale avec lui», estime une source policière contactée par Libération. Une autre personne souligne tout de même «une personnalité difficile à cerner, mais pas de quoi imaginer quoi que ce soit de cette ampleur».
En garde à vue depuis le 10 juin, il est mis en examen et placé en détention provisoire pour «agression sexuelle», «viol» et «corruption de mineur». Ceci contrairement à Gaëlle P., une autre policière, permanente du syndicat Alliance en Seine-et-Marne, soupçonnée d’avoir fait le lien et encouragé les rapports entre sa fille et James D.. La policière, remise en liberté mais visée par une information judiciaire ouverte par le parquet de Melun, se considère auprès de ses proches comme une «victime» de la manipulation de l’ancien syndicaliste. «Elle aurait prévu de porter plainte contre James D., sans que rien ne soit lancé pour le moment», affirme une source proche de la policière à Libération. Selon nos informations, une deuxième femme «proche du groupe» a aussi été placée en garde à vue sans être poursuivie.
Une personne proche du dossier indique en outre que le signalement aux autorités est venu de l’Education nationale, laissant penser que l’adolescente se serait plainte auprès de son établissement scolaire.
Pas d’autres victimes pour le moment
Les différentes personnes contactées par Libération assurent que les informations concernant cette histoire tombent pour le moment au compte-gouttes. «Tout est très verrouillé», avance l’une d’elles. Deux versions s’affrontent : quand la jeune fille soutient avoir eu plusieurs rapports non consentis avec le policier, ce dernier, lui, ne concéderait qu’un seul rapport. Des photos de l’adolescente dénudées ont été trouvées dans le téléphone de James D..
«Nous espérons qu’il n’y ait pas plus de victimes, plus d’adultes manipulés et plus d’adolescents touchés par ce système», indique un ancien collègue du policier. La crainte des personnes contactées réside dans la possibilité de l’existence d’un véritable réseau, et de pratiques proches de rites ou de cérémonies ésotériques. «Il ne s’agit pas de cela pour le moment», précise une source proche du dossier.
Source : Libé
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Anna Summer
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