Elle a d’abord été remarquée pour ces autoportraits. Et il y a de quoi. Magnifique dans leur réalisation, ils sont tout aussi dérangeants tant ils semblent assumer une personnalité multi-facette qui nous renvoie à notre propre peur du monolithisme. Un chemin qu’elle emprunte avant son mariage « pour mieux explorer les émotions paradoxales qui naissaient en moi ». Ella Manor avoue elle-même avoir toujours fait l’effort de « déconstruire tout ce que j’ai appris pour être certaine de ne jamais suivre les idées d’un autre ». Challenge réussi. Les clichés sont toujours teintés de flous et de lumières surexposées, superposition des visages, tout y passe. « Aujourd’hui, n’importe qui peut utiliser un appareil photo. J’essaie de faire quelque chose qu’on ne verra nul par ailleurs ». Une artiste complexe, toujours en recherche, aux allures torturées, bref, une artiste.













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Écrit par
Zoé de Sagan
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La fiction d’avant-garde commence à ressembler à l’art conceptuel
Dans une ère où les frontières entre littérature et arts visuels s’estompent, une nouvelle vague d’écrivains d’avant-garde, de Sophie Calle à Enrique Vila-Matas, en passant par Ben Lerner et Teju Cole, transforme le roman en une forme d’art conceptuel.