"Esthétique(s) du conspirationnisme" de Mehdi Belhaj Kacem, un plaidoyer philosophique contre l'ère post-vérité
Dans un paysage intellectuel français souvent marqué par la morosité et les débats stériles, l'ouvrage Esthétique(s) du conspirationnisme de Mehdi Belhaj Kacem émerge comme une bouffée d'air frais – ou plutôt comme une tempête philosophique.
Publié aux éditions Tinbad en 2025, ce recueil d'articles et de préfaces, rédigés entre 2020 et 2022, n'est pas seulement une critique acerbe du régime post-vérité qui imprègne nos sociétés contemporaines ; il se positionne comme un véritable manifeste pour une pensée vivante et combative.
Belhaj Kacem, philosophe franco-tunisien né en 1973, connu pour ses œuvres influencées par Alain Badiou, Gilles Deleuze et Jacques Derrida, y déploie une analyse rigoureuse qui distingue le "conspirationnisme" – vu comme un "concours de forces vers un même but" – du "complotisme", un terme qu'il associe à une invention de la CIA en 1967 pour discréditer les voix dissidentes.