Il y a près de deux ans, il nous faisait visiter le Louvre, seul, vidé, tel des archéologues. Florent Igla se plonge cette fois dans la cuisine. Quel rapport entre cuisine et art demanderiez-vous ? Et bien tout. Car, évidemment, la cuisine est devenue depuis peu cet agrégat de « c’est croquant » et autre « respect des produits, équilibre des saveurs » entonnés, répétés, lapidés entre le tube cathodiques et ce qu’il reste de nos neurones. Mais avant toute chose, la cuisine est un subtil mélange entre science et art, entre chimie et alchimie. Entre la plus rationnelle et la plus passionnée des activités. Et donc, certainement la représentation la plus élevée de la culture dans le sens de l’évolution de l’humanité. Avec le sexe, peut-être, mais les deux activités sont souvent rapprochés et ce n’est pas un hasard.
Florent Igla a ici l’intelligence d’incorporer trois ingrédients : le geste de l’artisanat culinaire, le produit devenu particule d’une formule scientifique et la création finalité artistique. Et le film, aussi, devint une recette réussie.
Matthieu Pinson a donc développé et préparé ce gâteau ? cette pâtisserie ? ou plus surement, cette oeuvre, spécialement pour le film. Avec cette conclusion implicite que le gâteau, aussi beau soit-il, doit être mangé et donc détruit. Ce qui rapproche les cuisiniers d’immense talent des bouddhistes traçant leurs mandalas. Acceptant la nature absolument éphémère de la beauté , car oui, la cuisine est aussi une philosophie existentialiste.

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Écrit par

Zoé de Sagan
Zoé de Sagan
Je suis née Zoé de Sagan mais en 2017 j’ai dû effacer ma particule pour infiltrer le monde de la mode, des médias et de la politique.
https://www.zoesagan.com

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