Room Temperature : La tiédeur qui tue
Vingt-et-un degrés. La température où le corps oublie qu’il est vivant. Et où il commence, doucement, à mourir.
Vingt-et-un degrés. La température où le corps oublie qu’il est vivant. Et où il commence, doucement, à mourir.
Cooper et Farley ne font pas un film d’horreur.
Ils font pire : un film de famille.
Une réunion. Un gâteau. Des bougies qui pleurent.
Des « ça va ? » qui restent sans réponse.
Des enfants qui jouent à cache-cache sans jamais être cherchés.
Ici, rien ne hurle.
Tout murmure.
Un « passe-moi l’eau » qui dure une éternité.
Un regard qui glisse sur le carrelage et tombe dans le vide.
Une grand-mère qui répète « c’est presque prêt » depuis l’an 2000.

On cherche Lynch dans chaque plan.
On le trouve absent.
Et son absence est plus terrifiante que tous ses cauchemars réunis.
Pas de rideau rouge. Pas de nain. Pas de rêve pour nous sauver.
Seulement une cuisine blanche, un frigo qui ronronne comme un chat mourant, et des sourires en plastique.
Le banal n’est plus banal.
Il est devenu un organisme.
Il respire. Il attend. Il digère la famille de l’intérieur.
La mère pose la tarte.
Ses yeux sont vides depuis vingt ans.
Personne ne le dit.
La caméra, si.

Les dialogues sont des lames de rasoir dissimulées dans du coton.
« Tu as maigri. »
« Toi aussi. »
Fin de la conversation.
Fin de tout, peut-être.
Room Temperature ne vous fait pas peur.
Il vous reconnaît.
Il vous contamine.
Vous sortez de la salle, vous rentrez chez vous, vous regardez vos proches autour de la table.
Et soudain, vingt-et-un degrés dans la gorge.

Le gâteau n’a toujours pas été coupé.
Il pourrit doucement.
Comme nous.
Comme tout.
À température ambiante.
Allez le voir.
Et ne dites plus jamais que « c’était bien, mais pas flippant ».
Le vrai monstre,
c’est le thermostat.