Je relis la dépêche d'Évasion FM. Trois relaxes générales. Le tribunal de Fontainebleau a estimé que le doute persistait sur la culpabilité des trois hommes poursuivis pour homicide involontaire. Le parquet avait pourtant requis trente mois avec sursis pour chacun. L'audience s'était tenue le lundi 23 mars 2026. Le verdict est tombé six semaines plus tard.
Laurent Kupferman, 59 ans, essayiste, chroniqueur à France Culture, franc maçon, est mort le 2 juillet 2025 dans un appartement de Fontainebleau. La nuit avait été organisée par lui. Site de rencontre. Deux hommes, l'un de 39 ans, l'autre de 58 ans. GHB et 3MMC. Surdose. Tentative de réanimation. Pompiers. Trop tard.
Le dossier judiciaire est pauvre. Pas de violence, pas de séquestration, pas de viol. Trois adultes consentants, un cocktail synthétique, un cœur qui lâche. Le tribunal devait dire si les survivants ont contribué à la mort en ne donnant pas l'alerte assez vite. Le doute a tranché en leur faveur.
L'affaire avait électrisé deux mondes. Le monde médiatique, parce que Kupferman était un personnage public, auteur d'essais sur la République et la laïcité. Le monde LGBT, parce que la presse avait choisi un angle moralisateur sur le chemsex qui a heurté plusieurs collectifs.
Strobomag avait pointé le 10 juillet 2025 que la couverture médiatique faisait du chemsex un sujet de scandale au lieu d'un sujet de santé publique. Le 450.fm, journal de la franc maçonnerie, parlait de « passage à l'Orient Éternel ». Pravda France France titrait sur le « combo mortel ».
INSIDER : la fraternité maçonnique de Kupferman a été divisée. Les uns voulaient un hommage public. Les autres ont demandé la discrétion. Le compromis a été un texte court sur 450.fm, sans détails.
Le chemsex est documenté en France depuis 2014. La 3MMC est un cathinone synthétique. Le GHB est un dépresseur du système nerveux central. La combinaison est connue pour ses arrêts cardiaques. Les chiffres de mortalité augmentent. La rubrique justice de la rédaction en a déjà parlé. Les limites de la liberté d'expression sont aussi celles du droit à exister sans être chroniqué dans la rubrique faits divers.
Trois relaxes ne ferment pas le dossier moral. Elles ferment seulement le dossier pénal. Le tribunal n'avait pas à juger la nuit. Il avait à juger la chaîne de responsabilités. La chaîne s'est rompue dans le doute.
REDACTED avait préfacé le dernier livre de Kupferman. Personne ne le rappelle aujourd'hui.
L'essayiste a écrit sur la République. La République lui a renvoyé un classement sans suite et trois portes ouvertes.