Je lis le Canard Enchaîné du 6 mai 2026. La une intérieure raconte une soirée du jeudi 26 mars 2026 sur la terrasse du Figaro. Trois jeunes recrues fêtent leur passage en CDI. Parmi elles, le fils d'un des directeurs du journal Dassault.
Le récit du Canard est sobre. Plusieurs participants descendent rue de Provence dans la soirée. Ils remontent quelques minutes plus tard. Le terme employé en interne est Uber coke. La livraison se fait à pied, par coursier, paiement instantané sur application. Les participants se vantent ensuite d'avoir sniffé une ligne.
Le lendemain l'information circule comme une traînée de poudre dans les couloirs. La direction est mise dans une position délicate. Le Figaro édito condamne régulièrement les drogués et dealers dans ses pages société. Le Figaro édito se retrouve avec une terrasse devenue extension de Medellín.
La terrasse du Figaro est filmée. Des caméras de surveillance équipent le toit du bâtiment du boulevard Haussmann. Le Canard pointe le détail. Aucune action interne n'a été prise à l'heure de la révélation.
Juste Milieu, blog professionnel des médias, publie une analyse parallèle. L'auteur rappelle que ce n'est pas le premier scandale de drogue dans une rédaction parisienne. Il rappelle que la cocaïne est répandue dans plusieurs maisons de presse. Il rappelle aussi que les rédactions consacrent des éditoriaux entiers à la sévérité judiciaire contre l'usage de stupéfiants.
INSIDER : un journaliste du Figaro, sous couvert, confirme la soirée et précise que la direction a fait le choix du silence. Aucune communication interne n'a été diffusée. Aucun recadrage public. Le sujet est traité comme une affaire de mœurs adolescentes.
La rédaction Sagan suit ces dossiers depuis longtemps. Le brief #225 sur Praud, Closer et l'IA documente la même asymétrie morale dans une maison voisine. Le brief #235 sur France Télévisions raconte un autre placard. Le brief #248 sur Novo 19 et Claire Arnoux rappelle que les audiences ne pardonnent pas. Le placard finit toujours par s'ouvrir. Toujours du même côté.
REDACTED, ancien directeur de rubrique au Figaro, devenu chroniqueur ailleurs, dit en privé qu'il a vu plus d'une ligne sur les terrasses du journal entre 2018 et 2022. Il préfère ne pas signer. Il a encore des amis dans la maison.
Le journal qui condamne le dealer a livré sa terrasse au coursier. La caméra a tout vu. Le Canard a relu la bande.