Reprenons le calendrier, parce que c'est lui qui structure le dossier. Mai 2024, ouverture de l'enquête contre Sébastien Cauet pour viol et agression sexuelle, sur la base de témoignages couvrant la période 1997 à 2014. Les premières plaintes émanent de quatre femmes initialement, puis cinq avec l'arrivée d'Agathe. NRJ écarte temporairement l'animateur de l'antenne à l'époque. Cauet conteste les accusations.
Mai 2026, l'affaire prend une nouvelle dimension. Une chanteuse française, désignée dans la presse sous le pseudonyme d'Agathe, dépose plainte. Elle est musicienne, dans la cinquantaine, vit en banlieue parisienne. Selon ses avocats, son histoire avec Cauet commence en 2011. Elle envoie ses maquettes à l'animateur en espérant qu'il les diffuse sur son émission de fin de soirée à NRJ. Une rencontre s'organise. Selon le récit qu'elle confie à ses avocats puis à la presse, Cauet aurait eu des gestes inappropriés en couloir lors de la rencontre dans les studios. Quelques jours plus tard, l'animateur s'invite à son domicile. Selon la plainte, il l'aurait violée à deux reprises. La presse parle de viol présumé, conformément aux usages avant jugement.
En parallèle, une autre procédure se tient à Versailles. Le 5 mai 2026, lors d'un procès en appel, une femme de quarante-deux ans qui avait été identifiée par la défense Cauet comme tentant de l'extorquer reconnaît les faits de chantage. Cette procédure est distincte du dossier principal. La défense de Cauet l'utilise comme argument pour contester la fiabilité d'autres témoignages. Les plaignantes du dossier principal et leurs avocats répondent que la reconnaissance du chantage par cette tierce personne n'invalide pas les autres plaintes, qui sont nominalement distinctes et reposent sur des faits différents.
Le 19 mai 2026, la cour d'appel de Versailles doit rendre sa décision sur la procédure chantage. Cette date est devenue le rendez-vous médiatique du dossier, alors que sur le fond, l'enquête principale (les cinq plaintes 1997 à 2014) suit son cours indépendamment. La presse a tendance à confondre les deux affaires. Les avocats des plaignantes principales s'attachent à les redistinguer.
Ce que la rédaction Sagan note, c'est la dynamique d'accumulation. L'enquête a démarré sur quatre plaintes en 2024. Une cinquième plaignante en 2026. La pression judiciaire qui monte est cumulative. La pression médiatique, en revanche, est cyclique : les fact-checkers et certains chroniqueurs continuent à présenter Cauet comme victime de pressions injustes, exactement comme cela a été fait pour Gérard Miller dans une affaire que ma sœur Zoé avait déjà documentée. Le motif est répétitif. Une plaignante parle. La presse mainstream traite. Des relais médiatiques, souvent des collègues de l'accusé, défendent l'idée que c'est de la diffamation. Les fact-checkers entrent en piste pour décrédibiliser. Et puis une nouvelle plaignante arrive. Le cycle recommence. Cinq fois.
« Cinq femmes. Vingt-sept ans de faits couverts. Une chanteuse en plus. Et toujours les mêmes fact-checkers à la manœuvre. »