L’exposition « L’intime comme illusion » à la Galerie Catherine Houard vient de connaître un vent de censure d’une rare violence. A cause d’une œuvre de la photographe Diane Ducruet qui a été qualifiée comme « incestueuse » et « pédophile ». Alors que l’artiste travaille autour du thème de la famille comme un lieu de construction de l’intime depuis plus de quinze ans.
Après l’agression de l’artiste américain Paul McCarthy sur la place Vendôme pour avoir érigé sa sculpture Tree, on est en droit de se demander qui se donne le droit de blâmer, de condamner et de sanctionner des œuvres d’art en 2014 ?
Cela ne nous ramène t-il pas à une censure qui rappelle les heures sombres de l’histoire ? Comment est-il possible qu’en France on puisse amputer impunément des œuvres d’art ? Comment est-il possible d’autoriser un retour indirect à la prohibition ?
A l’heure où Eric Zemmour vend des centaines de milliers d’exemplaires de son « suicide français », et où Marine Le Pen n’a jamais été aussi haute dans les sondages voilà qu’on menace tranquillement des artistes et des galeristes sur la place publique.
On n’a pas encore de réponses à offrir à nos questions mais on pense malgré tout à un bon mot de La Rochefoucauld (on se rassure comme on peut) : « Les esprits médiocres condamnent d’ordinaire tout ce qui passe à leur portée. » A bon entendeur.














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Écrit par
Zoé de Sagan
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