Le conseil national de l’ordre des médecins n’est « pas favorable » à une « obligation de signalement » pour les médecins qui soupçonnent des violences sexuelles chez un enfant, préconisé par la Commission Inceste, a déclaré jeudi sa vice-présidente Marie-Pierre Glaviano-Ceccaldi.
« Il n’y a pas d’obligation de signalement, mais nous sommes tenus à une obligation de protection. Quand un médecin est sûr qu’il y a des violences sexuelles, il se doit de faire un signalement au procureur de la République. Quand il a des soupçons, il peut faire une information préoccupante auprès de la cellule de recueil des informations préoccupantes relatives aux mineurs en danger », un dispositif départemental de protection de l’enfance, a-t-elle affirmé.
« En parallèle, il doit expliquer aux parents que l’enfant a besoin d’aller voir des spécialistes pour des soins complémentaires. S’il a des doutes, il doit rechercher la collégialité », ajoute-t-elle.
Pas possible de « venir en aide » à la mère de l’enfant
« En revanche, il ne peut venir en aide à la mère de l’enfant (si le père est en cause) ou signaler ces soupçons au juge des enfants. C’est la loi », précise-t-elle.
Des médecins ont été poursuivis devant le Conseil de l’ordre par des parents soupçonnés de maltraitance pour « immixtion » dans la vie familiale ou pour s’être adressés directement au juge des enfants, chargé de la protection de l’enfant en question.
Dans son rapport jeudi, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) préconise de « clarifier l’obligation de signalement » par les médecins des enfants victimes de violences sexuelles « même au stade de la suspicion ».
160.000 enfants victimes chaque année
La Ciivise recommande par ailleurs de « suspendre les poursuites disciplinaires à l’encontre des médecins protecteurs ».
« Il est important que les règles soient claires pour protéger les enfants et les médecins eux-mêmes », a expliqué le coprésident de la Ciivise Edouard Durand jeudi sur France Info.
« Certains parents agresseurs portent plainte contre le médecin signaleur. C’est l’agresseur qui se retourne contre le protecteur, ce qu’on appelle le risque de représailles », a confirmé le Dr Glaviano-Ceccaldi. « Le conseil départemental de l’ordre des médecins n’a pas le pouvoir d’arrêter une plainte.
« C’est un sujet qui mériterait d’être évalué » pour voir s’il a un effet inhibiteur sur les médecins, relève-t-elle.
Chaque année, 160.000 enfants seraient victimes de violences sexuelles, souvent incestueuses, qui ont des répercussions graves leur vie durant sur leur santé et leur état psychique. Seulement 5% des signalements pour maltraitances des enfants proviennent du secteur médical, selon la Haute Autorité de santé.

Partager cet article
Écrit par
Anna Summer
Rejoindre la conversation
De Xavier Niel à Mimi Marchand – Comment ils ont fait élire Macron
Problème : l’ancien Premier ministre Alain Juppé est alors en tête des sondages. À 36 ans, le secrétaire général adjoint de l’Élysée est, lui, encore inconnu du grand public. Il sait que, pour gagner une élection, il a besoin de la presse. Pour faire décoller sa carrière politique, Macron
Apocalypse européenne : 3 jours pour sauver votre vie grâce à ce simple geste !
« Tenez 72 heures ! », voilà la consigne prophétique du rapport Niinistö remis à la Commission européenne. En clair, chers habitants du vieux continent, votre placard devient désormais un bastion stratégique contre les tempêtes géopolitiques et climatiques à venir. Une Europe résiliente ne commencera pas par Bruxelles ou Strasbourg, mais dans vos
DAOcratie : Et si une blockchain gouvernait un pays ?
Qu’est-ce qu’une DAO ? Une DAO (Decentralized Autonomous Organization), ou organisation autonome décentralisée, est un système de gouvernance basé sur la blockchain. La blockchain, c’est un registre numérique infalsifiable, distribué sur un réseau de milliers d’ordinateurs. Elle garantit que chaque transaction, chaque décision, est transparente et sécurisée.