Ron Mueck a marqué la capitale dernièrement de ses névroses. Mais tout cela reste gentillet. Le cinéma le sait depuis longtemps, l’art plastique grand publique le découvre : les vraies folies viennent d’Asie. On vous passe la performance tout à fait saine de He Yunchang qui s’est retiré une côte sans anesthésie avant de la porter en collier (un comportement qui vous mène soit dans un musée, soit un asile, deux lieux habités par des gens sans préjugé sur le monde).
Le Sud-Coréen, Choi Xooang reprend donc le flambeau de la névrose lourde, issue de cultures contradictoires, avec une exposition le mois dernier à la galerie Benamou rappelant donc Mueck et portant le malaise un cran plus haut.
Le dérangement, comme souvent, nous vient d’une frontière poreuse. Un monstre n’effraie plus personne. Un homme non plus. Mais un personnage qui bascule sur la ligne tendue entre ses deux mondes, oui. Humain ou pas ? Laid ou beau ? Hybrides torturés par un mal masqué qui semble vouloir percer l’épiderme comme l’Alien de Ridley Scott.
Et c’est là où notre Moi, policé et formaté aux convenances sociales, perçoit une énergie nouvelle, génératrice, peut-être plus laide, mais moins violente et moins contraignante que celle qui nous pousse à avoir l’air normal chaque jour.














Partager cet article
Écrit par
Zoé de Sagan
Rejoindre la conversation
La fiction d’avant-garde commence à ressembler à l’art conceptuel
Dans une ère où les frontières entre littérature et arts visuels s’estompent, une nouvelle vague d’écrivains d’avant-garde, de Sophie Calle à Enrique Vila-Matas, en passant par Ben Lerner et Teju Cole, transforme le roman en une forme d’art conceptuel.