Il y a une certaine poésie douce dans les films et les dessins de cet homme. Une douceur qu’on lui prête volontiers : un réalisme matériel romancé qui n’angoisse pas le pauvre. Un dandy gracieux, qu’on n’imagine jamais mal assis, ce tenant comme ces personnages, à savoir admirablement bien. Un chic nonchalant, taquin, les anciens diraient cabot. Provocateur de salon, aimant la révolution mais dans des souliers anglais dépassant le salaire moyen d’un européen. Homme paradoxale, donc. En un mot, un homme moderne. D’autant plus que l’illustrateur de GQ ne correspond pas vraiment à cette image. Pas vraiment. Lui qui préfère les « costumes Ludlow, qui sont finalement plus cool et mieux coupés que ceux de marques qui valent 5 fois plus cher ». Du dandy, il n’a pas l’aspect dépensier. Mais il en a sa simplicité. « Qui veut porter une veste avec une grande fente dans le dos ou trois cols superposés ? »
Jean-Philippe Delhomme décrypte son temps aussi bien en le dessinant qu’en l’écrivant. Polymorphe et peut être polygame, Jean Philippe Delhomme n’est pas qu’un gentilhomme, c’est avant tout un artiste hédoniste, célèbre pour ses Polaroïds de jeunes filles.
Et puis comment ne pas aimer un homme qui a intitulé ses livres « Mémoires d’un pitbull », « Dilution de l’artiste » ou encore « Comique de proximité » ?
Sur son blog, il partage ses « surplus » de dessins. Tout ce qu’il ne peut dessiner pour les autres. On y retrouve son âme poète avec le zoo du Jardin des Plantes, mais aussi sa réalité, lui qui côtoie une forme de parisianisme et qui a écrit longuement sur la mode, la design, l’art. Jean-Philippe Delhomme reconnaît le talent mais se moque souvent de ses manières. En fait, on se dit qu’on pourrait bien partager un rouge limé au PMU du coin avec lui ou le retrouver au Fouquet’s (en fait son adresse préférée, c’est Chez Fernand). Il ne dessine jamais sous la colère, ne défend ni n’attaque personne. En fait, Jean-Philippe Delhomme dessine, c’est tout. Mais il le fait sacrément bien.








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Zoé de Sagan
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