Cela fait des années que nous suivons le réalisateur Julien Paolini. Son dernier clip nous a bluffé, image parfaite, mise en scène extra-sensible, d’une simplicité poétique rare, une recette à la sauce Paolini, pour ne pas s’ennuyer en découvrant le titre « Back to you » du groupe Kolidescopes. Pour aller plus loin, nous lui avons demandé l’histoire qui pouvait bien se cacher derrière ces quelques minutes d’images. Et voici son récit.
« Le groupe anglo-australien Kolidescopes signé cette année sur le label de Gnars Barkley me connaissait de mon premier clip de l’époque pour Parachute Youth, « Can’t get better than this », qui suivait une course de moto au Burkina Faso. Mystères de la diffusion, ce film plein d’huile de coude était devenu un petit hit en Australie et Europe de l’Est et avait touché certains gros groupes de là-bas comme Empire of the Sun et Yolanda Be Cool.
Ils m’ont donc confié carte blanche. Et j’ai creusé le seul axe qui m’obsède depuis toujours: l’émotion. Après avoir raconté la romance récemment dans mon dernier court j’avais envie de me concentrer sur la beauté du couple et des sentiments inégalables qu’il provoque dans nos vies.
J’ai toujours eu une grande attirance pour les tournages dans le continent africain. Au Burkina Faso par exemple, tout a une force de dingue. Les paysages évidemment, mais aussi les talents locaux. Pas mal d’européens rechignent à sacrifier leur confort et préfèrent le Maroc ou l’Afrique du Sud…si bien que beaucoup de territoires visuellement dingues sont peu filmés. J’ai donc rejoint à Ougadougou mon producteur exécutif Tom Ouédraogo et le comédien Issaka Sawadogo, dont le travail au cinéma à l’international m’intriguait. Le gars malgré son physique imposant transpire la sensibilité et il a fait décollé le rôle du taulard de retour chez les siens.
Avec mon directeur de la photographie, Zack Spiger, pionnier du retour de la pellicule dans l’audiovisuel des années 2000, on savait que vu notre config réduite, il nous fallait un outil rapide et maniable. Et on a travaillé en Bollex 16mm, la caméra du portrait, pour retrouver la force du 35mm. On a tout axé sur l’humain et le gros plan. Le format du 4/3 coulait de source. On avait des tranches de lumière naturelle très courtes, 45 minutes au levé du soleil (juste avant que nous tombent sur le crâne les 40 degrés) ou 1 heure 30 avant le couché… »
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Écrit par
Cécile Montigny
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