Au Centre Pompidou, une exposition passionnante explore les multiples usages et techniques employés par les surréalistes pour modifier le regard.
On n’y pense pas forcément, mais la photo est un des moyens d’expression qu’ont utilisé les surréalistes, du portrait de groupe ludique à la publicité. Ils ont aussi et surtout inventé de nouvelles représentations grâce à ce médium, guettant le merveilleux dans le réel ou l’inventant par la technique, l’accident ou le point de vue.
Cette exposition d’ampleur interroge donc les usages de la photographie par les Surréalistes : publications dans des revues, collections d’images, fascination pour le document brut ou recours pour s’amuser… Elle tente aussi d’en renouveler l’iconographie, en étendant le corpus au-delà du groupe parisien d’André Breton vers la tendance du Grand Jeu, les Surréalistes belges et tchèques, les collages et jeux méconnus de Léo Malet, Victor Brauner, Artür Harfaux, Benjamin Fondane…
Explication en image :
La subversion des images. Surréalisme, photographie, film
400 œuvres pour un panorama exceptionnel de la photographie surréaliste.
L’événement révèle au public des corpus méconnus de collages d’artistes renommés tels Paul Eluard, André Breton, Antonin Artaud ou Georges Hugnet, les jeux photographiques de Léo Malet ou Victor Brauner et met en lumière des personnalités comme celles d’Artür Harfaux ou Benjamin Fondane.
« Subversion des images » : l’exposition reprend le titre d’une série de photographies réalisées par l’artiste belge Paul Nougé entre 1929 et 1930. Des hommes, des femmes y miment des actions étranges traitées dans un style purement descriptif. Ainsi, des balles de tailles décroissantes posées entre les bras d’une femme assoupie sur une table. La série ne sera publiée sous forme de livre qu’une quarantaine d’années plus tard, en 1968, par l’artiste Marcel Mariën. La subversion ici mise en jeu reprend une donnée majeure du surréalisme : introduire du rêve, de l’imaginaire, du merveilleux dans la banalité du réel.
Jusqu’au 11 janvier. Catalogue passionnant et documenté, Éd. du Centre Pompidou, 480 p., 44,90 €. Album, 60 p., 8,50 €,
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Zoé de Sagan
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