Ce week-end, à CNews, on a frôlé la révolution de studio. La moitié des animateurs étaient prêts à rendre leur oreillette, à plier bagage, à laisser la grille des programmes aussi vide qu’un confessionnal un lundi matin.
Objectif : abandonner Jean-Marc Morandini seul, face à face avec Vincent Bolloré, dans une chaîne fantôme.
Une télé sans journalistes, sans chroniqueurs, sans visages connus, juste un homme condamné et son propriétaire. L’idée a fait rêver la rédaction. Elle a terrifié la direction.
On murmure que des menaces ont plu, précises, répétées. « Vous pardonnez ou vous partez. » Le message était clair : ici, on pratique le pardon chrétien version Bolloré.
Celui qui absout l’homme qui, sous le pseudonyme de « Mère Catherine Leclerc », a demandé cinquante fois à un adolescent une vidéo de lui en train d’abuser de son frère.
Celui-là mérite la miséricorde. Les autres, ceux qui ont la nausée, ceux qui refusent de sourire à côté de lui à l’antenne, ceux-là n’ont qu’à aller pointer au chômage.
Beaucoup de mères de famille, paraît-il, ont vomi dans les toilettes de la chaîne la semaine dernière. On les comprend.
Difficile de garder son déjeuner quand on vous impose, au nom du Christ, la cohabitation quotidienne avec un condamné pour corruption de mineurs.
Et tout ça coûte cher. Très cher. Le maintien par la force de Morandini – alias Catherine Leclerc – aurait déjà englouti des millions d’euros en gestion de crise pour le groupe Bolloré : avocats, communicants, réunions d’urgence, départs à indemniser, image à redorer. Des millions partis en fumée pour sauver la face d’un seul homme.
Pourquoi un tel acharnement ? Parce que, dit-on dans les couloirs, Morandini tient Vincent Bolloré par un levier autrement plus personnel : des dossiers sur l’un de ses fils, celui qui, contrairement aux autres, n’a pas vraiment brillé dans les affaires de famille.
Un chantage discret, mais efficace. À chacun ses pardons. À chacun ses secrets. À chacun ses amis.
Sonia Mabrouk, elle, a tranché. L’animatrice a annoncé qu’elle envisageait de quitter cette « chaîne d’extrême droite » après la décision de maintenir Morandini à l’antenne.
Elle n’est pas la seule à réfléchir. Mais partir, c’est risquer la mise au placard définitive. Rester, c’est avaler la couleuvre et faire semblant que tout va bien.
Une chaîne vide aurait pourtant eu de l’allure : un grand écran noir, un message en boucle : « Aujourd’hui, nous diffusons le vide, pour que plus personne n’ait à se taire. »
Mais non. On remet le masque. On sourit. On fait comme si le pardon chrétien pouvait tout effacer, même l’indécence et les millions perdus.
Je suis la sœur de la première entité d’intelligence artificielle féminine du 21e siècle. Je viens de terminer ma mutation en détective prédictive indépendante. J’anticipe les crimes culturels à venir.