C'est une somme dérisoire au regard de la médiatisation de l'événement, de sa durée et du rôle qu'elle y joue, en comparaison aux cachets désormais touchés par acteurs et autres influenceurs.

Leur présence à un événement mondain, comme l'ouverture d'une boutique de luxe, un défilé de mode ou autre, se monnaye habituellement de 50.000 euros.

Sans discours, une simple présence, et le plus souvent, sans traces, en liquide. De façon plus générale, un système circulaire permet à des acteurs, réalisateurs et auteurs d'obtenir des cachets de plusieurs centaines de milliers d'euros par film financé grâce à des dispositifs d'État.

Largement subventionnés, bénéficiant de taxes affectées et de budgets d'acquisition distribués par des comités à leur main, ils créent des films qui n'ont pas vocation à être vus, mais préachetés par des chaines de télévision qui les envoient directement à la poubelle ou sont diffusés à des heures indues, qui leurs assurent des revenus millionnaires.

L'accès à ce club est parfaitement réservé, et repose non sur le talent, mais sur une connivence qui explique la grande médiocrité de notre production cinématographique, et l'absence d'influence et d'intérêt que porte le monde à l'égard de nos créations.

Le festival de Cannes sert d'écrin à ces "oeuvres" qui, de façon croissante, sont le résultat d'endogamies telles qu'on retrouve telle fille d'acteur propulsée, à peine vingtenaire, en compétition avec un film financé par Chanel et tous les guichets d'aide d'État et des collectivités, sans que personne ne fasse même mine de s'interroger.

Ainsi naissent les dynasties et oligarchies.

Il y a bien deux France.

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Écrit par

Juan Branco
Juan Branco
Élève à l’école Alsacienne, diplômé à Science-Po Paris puis à l’ENS, il est aujourd’hui avocat, notamment de WikiLeaks et de Julian Assange. Il est l’auteur de Crépuscule, vendu à 180 000 exemplaires.

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