On a reçu ce matin un mail d’une jeune réalisatrice (dont nous n’avions étonnamment jamais entendu parler) nous invitant à découvrir son film sur les violences conjugales. En cette veille de « journée de la femme », impossible de ne pas regarder. Et puis, un mini-choc, pas aussi violent que le sort des femmes mises en scène dans ce mini-court-métrage mais tout de même.
Marie Chauvin, illustre d’une manière toute différente ce sujet très complexe à aborder par l’image et le son. Son film sonne comme une chanson, d’ailleurs le titre (excellent), Some Call that Love est le fil conducteur d’un drame sans paroles.
On découvre une jeune femme conduite par son homme, assise à l’arrière de la voiture, telle une princesse déchue dont le chauffeur serait devenu le bourreau. On est un peu inquiets, on se dit que ça va être cliché, elle part à l’abattoir, etc. Mais non. Le film bascule dans un onirisme inattendu. On retrouve la jeune femme dans une forêt peuplée d’ombres féminines toutes vêtues en Cendrillon battues, errant comme des fantômes au milieu d’une nuit bleutée et désenchantée.
Et puis vient l’instant où on repart dans la réalité altérée par la présence de ce double flippant qui observe son quotidien, ses débuts avec l’homme aimé. On la découvre dans une baignoire jouant avec son récent amour, et son double gisant par terre, couvert de sang.
Avec l’intrusion de la métaphysique ou de la mystique dans le scénario, on pense étrangement au personnage énigmatique de Théorème de Pasolini, non par l’histoire, mais une certaine idée du « théorème », cette assertion selon laquelle une affirmation qui peut être démontrée est de fait définie comme vraie.
On dit souvent qu’il n’y pas d’amour mais uniquement des preuves d’amour mais tout dépend de la perception immédiate que l’on en a. Elle se promène entre la genèse de l’amour et son ascension, passé, présent et futur dans la vie d’un couple.
Au delà du sujet des violences conjugales, le film démontre qu’une vie matérielle et physique peut-être totalement inauthentique, plus difficile à regarder que sa propre mort. Le film invite les femmes qui subissent leur quotidien à parler, avant de ne devenir leurs propres ombres.
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Écrit par
Cécile Montigny
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