A ceux qui demanderons si le street-art et le mouvement « brandalism », considérés comme des arts contestataires, sont aussi synonymes de provocation, nous répondrons, non. Quand Peter Fuss, artiste polonais travaille sur des sujets, c’est qu’en général ils sont tabous, ou que personne n’ose s’y affronter par peur de représailles. Il n’utilise ni la crainte, ni la facilité choquante, mais amène toute personne qui croise son oeuvre à s’arrêter un instant sur un matériau, puis sur un message, le tout passant par une forme de slogan, emprunté aux schémas publicitaires.
Qu’il s’attaque à l’absurde de l’art contemporain et ses sacro-saints représentants avec « Who the fuck is Larry Gagosian? », ou au Pape, à la pédophilie ou à la politique il utilise le graffiti comme médium car pour lui, seul le message compte. La plupart de ses expos sont détruites dans la demi-heure après l’ouverture des portes, réminiscences de son enfance peut-être qu’il décrit comme telle :
En tant que jeune garçon, je vivais dans un pays qui n’était pas indépendant. On ne pouvait pas voyager à l’étranger, je me souviens même la période où il n’a plus été possible de se déplacer librement entre les villes – pour ce faire, vous aviez besoin d’un permis spécial, vérifié par l’armée et la police. La télévision d’Etat n’avait que deux chaînes, la presse était censurée et avant un concert, tous les groupes devaient faire approuver leurs paroles par les institutions, ce qui à fait qu’aucune sorte de dissidence ne pouvait s’exprimer. Ce n’était pas un pays libre. Vous pouviez aller en prison pour avoir critiqué le pouvoir. Vous voyiez sur des « graffitis » des messages de liberté, que le pouvoir trichait, que la télévision mentait. Ces personnes ont exprimé leur besoin de liberté, elles se sont battus contre le système en écrivant des slogans politiquement impliqués. C’était leur façon de manifester leur point de vue et d’exprimer leur dissidence contre le régime. Et ils ont risqué la prison pour cela.
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Écrit par
Cécile Montigny
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