Le projet n’est pas encore abouti, et pour cause, il a débuté il y a peu. Mais son originalité mérite qu’on se penche sur le travail de ce Trevor Christensen.
La photo de nu est devenue plus qu’un art : une obsession. Il suffit de voir l’écho médiatique de quelques photos de célébrités hackées et photoshopées pour dévoiler leur intimité. L’obsession d’une époque où le masqué, le caché, n’excite pas, mais offense. L’intime se dresse comme un challenge. Chaque inconnu devient un sujet de Secret Story dont il faut dévoiler au plus vite les secrets au grand public. Nous sommes tous devenus des Julian Assange de la vie privé de nos contemporains, voire de la nôtre.
Bref, Trevor Christensen est conscient de la force des photos de nu (parfois, raison même des vocations de photographes), mais surtout, c’est la dissonance entre le statut du photographe et du photographié qui l’interroge. Ce déséquilibre fondamental. Alors, pour rééquilibrer le tout, il a décidé de réalisé sa série Nude Portraits, où le sujet reste habillé et c’est lui, le photographe, qui se dévêt. Et ce que l’on lit dans l’œil du photographié (ou plutôt, ce que l’on projette) mérite vraiment quelques séances de psychanalyse.





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Écrit par
Zoé de Sagan
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