Nous vous présentions, dernièrement, le travail de Thomas Barbey. Un jeu de montage poétique, une vision du monde très personnelle, et pour être tout à fait franc, que l’on préfère à la réalité. Et c’est là l’une des grandes qualités des artistes quand leurs univers deviennent plus attrayant que la réalité.
Et cet univers tellement unique, nous avons voulu le comprendre. Nous avons donc posé quelques questions à Thomas Barbey. En français dans le texte, puisque Thomas Barbey a passé son bac à Grenoble.

Quand on est amoureux de photo, pourquoi se tourne vers le montage ?
Je ne suis pas amoureux de la photo. Je suis amoureux de peintures surréalistes.
La réalité te parait-elle trop simple ?
Il y a des personnes qui sont capables de rendre le simple, intéressant. J’aime beaucoup les photos de Michael Kenna, mais ce n’est pas mon fort, et en plus il y a déjà trop de copieurs.
Je fais « mon truc » depuis pas mal de temps et j’ai des collectionneurs. C’est clair que j’ai des milliers de photos « simples » dans le tiroir, et il y en a qui ne sont pas mal. J’essaie de les incorporer dans ma vision et les mélanger. L’erreur de beaucoup d’artistes photographes talentueux c’est de ne pas avoir de style. Ils font des photos qui ressemblent à Ansel Adams et d’autres qui ressemblent à Robert Doisneau. Mes photos doivent ressembler à Thomas Barbey ! Je suis obligé de mélanger au moins deux photos.

Plutôt Dali ou Lewis Caroll ?
Je suis convaincu que Dali était un génie du marketing et je n’aime pas particulièrement ses peintures. Je préfère de loin M.C. Escher. Du génie à l’état pur et sans la frime.
En fait on préfère tes photos à la réalité.
Je trouve que beaucoup de photos se ressemblent. J’aime le différent et je m’efforce toujours à changer, mais suivant certaines règles.
Avec quel matériel et logiciel travailles-tu ?
J’utilise plusieurs Durst Laborator modèle 1200 avec VLS 501. Le film, c’est du Ilford 35mm ilford FP4 ou 100 Delta.
Aurais-tu envie d’appliquer ta technique sur des films ?
Absolument pas intéressé par le travail cinématographique. Je ne saurais pas par où commencer. J’aime beaucoup les films de Guillermo del Toro et de Tarsem Singh mais c’est un travail d’équipe. Moi, je travaille tout seul.

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Zoé de Sagan
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