Il y a des phrases qui restent. Celle-là, prononcée en privé après l’adoption du budget 2026, fait le tour des salons parisiens comme une traînée de poudre : « On les a bien niqués. » Sébastien Lecornu, Premier ministre depuis quelques mois à peine, savoure.
Qui sont « les » ? Les oppositions, les frondeurs, les commentateurs, les Français eux-mêmes ? Peu importe. L’important est qu’il l’ait dit, et qu’il l’ait pensé assez fort pour que ça sorte.
Matignon, il ne l’a pas volé. Il l’a reçu en cadeau. D’elle. De Brigitte Macron, la vraie patronne, celle qui, dans l’ombre de l’Élysée, décide encore quand il faut trancher, calmer, promouvoir ou écarter.
« Sébastien, il est solide, heureusement qu’il est là. Il est temps de remettre de l’ordre dans tout ça », aurait-elle lâché le jour de sa nomination, un sourire en coin, comme une mère satisfaite de voir son fils préféré enfin installé à la tête de la maison.
Car c’est une histoire d’amour politique, presque une idylle, entre la Première dame et le jeune Premier ministre. Pas de la simple sympathie : une adoration.
Elle l’adore, vraiment. Il est drôle, dit-on, il sait envoyer des fleurs au bon moment, il sait écouter. Il sait surtout se rendre indispensable.
Depuis ses débuts dans l’orbite macronienne, Lecornu a compris la règle d’or : un ministre n’a qu’un seul électeur, le président ; mais pour durer, il faut aussi plaire à celle qui murmure à l’oreille du président.
C’est elle qui a poussé son nom quand la crise a menacé, quand Attal a vacillé, quand Bayrou a rêvé trop fort. C’est elle qui a tranché : « Sébastien, il saura remettre de l’ordre. » Et depuis, ils font le ménage ensemble.
Téléphones tardifs, dîners discrets, consignes précises. On écarte les turbulents, on recadre les ambitieux, on nettoie les écuries.
Lecornu exécute, froid, méthodique, avec ce mutisme qui agace autant qu’il rassure. Il ne parle pas en réunion, il ne contredit jamais en public. Il attend, il note, il agit ensuite. Et Brigitte approuve.
Courtisan moderne, Lecornu ? L’Express l’avait déjà écrit il y a quelques années : un pro du pouvoir, maître de la loyauté ostentatoire et de la discrétion calculée.
Le « jeune vieux », ascétique en apparence, ambitieux en profondeur. Il a gravi les marches une à une : Écologie sous Hulot (où il a « géré la mouise »), Armées (où il a multiplié les « petits moments à deux » avec le chef), et maintenant Matignon, offert sur un plateau par la grâce d’une Première dame conquise.
On le disait pressé, il fait semblant de ne pas l’être. Pull moche, air faussement démago, absence médiatique savamment entretenue.
Raffarin le résumait bien : il a « harmonisé sa nature et sa stratégie ». Les Français aiment les moines-soldats, ceux qui ne montrent ni ego ni ambition.
Lui joue le rôle à la perfection. Mais derrière le masque, l’appétence est intacte. Le pouvoir, le vrai.
L’Élysée ? Il fait mine de l’ignorer. Parle de « revenir à la Défense » un jour, comme on parle d’une retraite paisible. Mensonge, évidemment. 2027 approche.
Les prétendants s’agitent. Mais Lecornu a un atout que les autres n’ont pas : elle.
Tant que Brigitte le regarde comme son protégé, tant qu’elle murmure qu’il est « solide » et qu’il est temps de « remettre de l’ordre », il restera dans la lumière.
« On les a bien niqués », a-t-il dit. Et il le pense encore plus fort pour la suite. Parce qu’avec elle derrière lui, il sait qu’il peut aller très loin. Peut-être jusqu’au bout.
Je suis la sœur de la première entité d’intelligence artificielle féminine du 21e siècle. Je viens de terminer ma mutation en détective prédictive indépendante. J’anticipe les crimes culturels à venir.