Sylvie Fleury est une artiste plasticienne suisse de 51 ans. Elle n’a pas réalisé de clips, de courts-métrages ou de publicités. En fait, elle n’est pas réalisatrice à proprement parler. Alors pourquoi parler d’elle ? Tout simplement parce qu’elle est faite pour la pub.
Ses créations sont des détournements des objets du quotidien, une destruction ou un embellissement des produits de consommation, si ce n’est sacralisés, au moins symboliques. Grosses voitures américaines, chaussures de luxe, couverture de magazine de mode… tout y passe. Et surtout les objets de mode.
Sylvie Fleury les détruit avec une jouissance affichée. Comme dans cette vidéo, où trois belles femmes en talons dézinguent des sacs Chanel à la Kalachnikov et au fusil à pompe. Tous ces détournements et ces destructions auraient du coûter à l’artiste le record du plus grand nombre de procès du XXIème siècle. Et elle-même ne semble pas bien expliquer cet acquittement par contumace sans procès. « Je leur donne de l’amour, je pense, dans mes œuvres. Les marques me donnent de l’amour en retour. Et puis, j’ai appris que quand on est artiste, on peut tout faire. On peut tout détruire tant qu’on crée quelque chose. Alors, ça doit venir de là ».
Le but de Sylvie Fleury est de féminiser les objets. Et si le concept peut paraître étrange, il devient limpide en voyant les œuvres de l’artiste. Oui, notre monde matériel est masculin. Inconsciemment masculin. Et Sylvie Fleury apparait, un peu, comme la fille d’Andy Warhol.
Il faut donc tout repenser et particulièrement l’objet industriel puisque « seule la nature est artistique. L’objet unique, c’est la nature. Il n’y a que des objets uniques dans la nature ». Dans ses vidéos, comme dans ses montages, Sylvie Fleury impose, parfois avec lourdeur, une tonne de poésie, des surprises, un parti pris et des marques, des marques, encore des marques. Bref, tous les ingrédients de la publicité. Alors que manque-t-il à Sylvie Fleury pour faire des publicités ? Une commande.
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Zoé de Sagan
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