L’esthétique de Yann Gonzalez se caractérise par une volonté de rompre avec un certain naturalisme, mais aussi avec toute notion de réalisme pour ramener son cinéma aux seules dimensions du fantasme (sexuel, meurtrier, etc.). Dans un entretien avec Stéphane Delorme, il déclare « vouloir faire table rase du réel tel qu’on l’entend dans le cinéma français aujourd’hui : l’obsession du quotidien, des faits de société et de « la vie telle qu’elle est » afin de laisser place à la peinture d’une vie rêvée. Son style cinématographique s’inscrit notamment dans trois genres : le premier relève d’une démarche porno soft teintée de kitsch romantique, où de nombreuses perversions sexuelles, au sens freudien du terme, sont représentées, le spectacle de l’acte sexuel et de la nudité des acteurs se parant d’un halo émotionnel et sentimental qui en atténue la portée transgressive. La deuxième s’inscrit dans une démarche propre au fantastique et au film d’horreur, où l’on se repaît de monstres, de sang, de meurtres. La troisième s’ancre dans un cinéma poétique qui confond le registre du rêve avec celui de la réalité, sous l’influence de Cocteau et Jean Genet.

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La rédaction
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Écriture aiguisée sur l'art, la tech, la culture et les zones grises entre les trois. Ton direct, anti-bullshit assumé. On décrypte ce qui se trame dans les médias, l'IA, le cinéma et la société. Bienvenue dans l'anti-chambre prédictive.
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