Pourquoi lui ?
Parce qu’il y a Pascal le grand frère, qui ne sert à rien, et qu’il y a Thomas Legrand, qui est indispensable. (Thomas, si tu lis ces lignes, on s’excuse pour cette vanne minable).
Parce que, si avoir travaillé partout ne fait pas de vous un bon journaliste en soi, cela démontre tout de même une indépendance certaine.
Parce que là où les autres crient à la VIème République, harangue la foule avec des projets pseudos révolutionnaires, Thomas Legrand explique simplement la décadence du projet de la Vème, créée pour le Général et non adaptée à l’Europe ou la mondialisation, rendant les présidents inopérants depuis Chirac ; mais il vous laisse tirer les conclusions seul. C’est ce qu’on appelle du journalisme. Et du bon.
Parce que finalement, il est le seul à ne pas descendre en flèche Sarkozy et Hollande dont l’inefficacité est plutôt conjoncturelle selon lui.
Thomas Legrand, la WWF des présidents de la Vème, espèce en voie d’extinction.
Où le lire ?
Si vous pouvez, à l’Élysée, sinon, à chaque fois que quelqu’un commence une phrase par : « J’ai écouté Bourdin et franchement, le Président… »
Le passage à retenir par cœur ?
« Contentons-nous simplement de dresser le constat de l’échec complet de notre mode d’élection du président, si ce n’est de la fonction elle-même. Constatons son caractère anachronique et son emprise néfaste sur l’état du débat public en France. Ce mode d’élection qui a été institué, par effraction institutionnelle, en 1962, à la faveur de l’émotion suscitée par un attentat contre le général de Gaulle au Petit-Clamart, consacre la monarchie républicaine. Il consacre la persistance d’un pouvoir vertical inapproprié au monde ouvert et à l’aspiration démocratique, à la volonté de participation accrue des citoyens du XXIème siècle plus informés que jamais.
Bastien-Thiry, le tireur du Petit-Clamart, peut se prévaloir d’être l’un des pères fondateurs de l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Aujourd’hui, c’est d’ailleurs l’une de ses descendantes politiques qui pourrait bien en tirer les bénéfices : Marine Le Pen. Le FN est sans doute le dernier parti pour qui l’effet « homme providentiel », en l’occurrence « femme providentielle », reste un élément central. Le culte du chef sied toujours à l’extrême droite, alors que les autres formations s’en détachent doucement mais irrémédiablement, plus perméables la modernité démocratique et vaccinées qu’elles sont par les expériences de pouvoir décevantes et l’impuissance éprouvée de leurs chefs. »
À qui l’offrir ?
Aux candidats de 2017 et à tous ceux qui ne votent pas, pour qu’ils comprennent qu’il n’y a pas à culpabiliser, mais à changer le système institutionnel.

Arrêtons d’élire des présidents !, éd. Stock, 135 p., 12,50 €.
Partager cet article
Écrit par
Rejoindre la conversation
D’Ernest Hemingway à Anne Frank: des milliers de livres censurées en Amérique
Ils ont rallumé les flammes, mais sans le panache des sorcières d’antan. 4.239 livres crevés, jetés au ban des écoles US, comme des carcasses qu’on laisse pourrir sous le soleil texan. PEN America a compté, et ça fait 10.046 coups de hache dans le papier, de
L’ancien Prix de Flore 2011 condamné à de la prison pour un « resto basket »
Écrivain-poète à la précocité remarquable, ancienne gloire littéraire du début des années 2010, Marien Defalvard fait aujourd’hui parler la chronique judiciaire pour des faits de toute petite criminalité. Il lui est en effet reproché d’être parti sans payer d’un restaurant orléanais, laissant derrière lui une note de
« Scandale », le nouveau roman de Schiappa est pire que le braquage du Fonds Marianne
Qui arrêtera la plume de Marlène Schiappa ? L’ancienne ministre sort courant mai un roman de « new romance » intitulé « Scandale » aux éditions Fayard. Et le résumé rappelle les grandes heures de « Marie Minelli ». Et si la réelle passion des ministres d’Emmanuel Macron n’était pas la politique, mais l’