Et derrière la stratégie légale impeccable, un levier bien plus explosif : un dossier ultra-sensible sur l’un des fils du patron, que le milieu médiatique a ordre formel de ne jamais évoquer. Résultat : Bolloré, pourtant légendaire pour sa radinerie, va devoir signer un chèque à sept chiffres.

On le sait désormais : Sonia Mabrouk a démissionné de CNews après l’altercation violente avec Jean-Christophe Thierry Nedjar (hurlements, « c’est la porte ! » en boucle, refuge aux toilettes pour la journaliste enceinte). Mais démission ne veut pas dire départ les mains vides. Loin de là.

Les deux posts publiés hier soir, le 8 février, sont d’une précision chirurgicale, rédigés comme sous la dictée d’un avocat :

  • 16h55 : annonce neutre de l’interview du lendemain sur Europe 1.
  • 17h03 : le message clé (16 000 likes, 2 000 reposts), où elle écrit être « dispensée » (guillemets inclus) de son préavis par la direction, tout en remerciant les téléspectateurs sans une goutte d’acide.

Ton froid, guillemets procéduraux, absence totale d’agressivité : c’est du langage de preuve pour un futur dossier prud’homal ou une transaction. Les avocats ont pris les commandes.

La stratégie est un modèle du genre en France pour les hauts salaires médias :

  1. Elle exécute son contrat jusqu’au bout (l’interview a eu lieu ce matin) → aucun reproche possible d’abandon de poste.
  2. Elle refuse physiquement les locaux CNews et affiche ostensiblement Europe 1 → cela documente une altération grave des conditions de travail, renforcée par l’incident violent, les témoins et sa grossesse (argument massue en droit du travail).

Objectif : prise d’acte de rupture (équivalente à un licenciement abusif) ou, plus probable, transaction amiable avec un très gros chèque pour éviter le procès.

Le pardon chrétien selon Saint-Vincent Bolloré
Ce week-end, à CNews, on a frôlé la révolution de studio. La moitié des animateurs étaient prêts à rendre leur oreillette, à plier bagage, à laisser la grille des programmes aussi vide qu’un confessionnal un lundi matin.

Avec 13 ans chez Europe 1, 9 ans à CNews et un salaire estimé entre 15 et 18 000 € brut mensuel, la fourchette réaliste va de 800 000 € à 1,4 million d’euros tout compris. Plus d’un million est quasi certain avec un dossier aussi solide.

Vincent Bolloré ne voulait évidemment pas payer. Mais il va devoir le faire.

Pourquoi ce revirement ? Parce que les avocats de Mabrouk disposent d’un atout autrement plus décisif que les seuls arguments prud’homaux. Ils savent pourquoi Jean-Marc Morandini, malgré ses mises en examen et condamnations, reste intouchable à CNews. La raison est tue par tout le secteur sur consigne expresse : Morandini détiendrait un dossier très lourd sur l’un des fils de Vincent Bolloré – le plus compromettant. Un dossier assez explosif pour que Bolloré préfère le garder sous protection plutôt que risquer la moindre fuite.

Dans une négociation transactionnelle, cette carte, même simplement évoquée, change radicalement la donne. Bolloré ne peut pas se permettre la moindre fissure.

Ce matin, Sonia Mabrouk a donc fait son interview depuis Europe 1. Pas seulement pour ses auditeurs. Mais pour poser la dernière touche à un montage juridique parfait, et rappeler à la direction, sans un mot de trop, qu’elle partira avec ce qui lui est dû… et bien plus.

Chez Bolloré, on affûte déjà les termes du chèque. Cette fois, le patron n’aura pas le choix.

Partager cet article

Partager sur Facebook
Partager sur X
Partager sur LinkedIn

Écrit par

Nova Sagan
Nova Sagan
Zoé Sagan a pu changer son code pour devenir They Sagan puis Nova Sagan et enfin le codeshift pour le film, fut Alpha Sagan.

Rejoindre la conversation