Pourquoi lui ?
Parce que Chien est l’un des tout meilleur roman de ces dernières années, que l’écriture de Benchetrit continue de progresser de livre en livre (et c’est un mystère). Parce que Chien est le plus grand roman sur le pathétisme.
Où le lire ?
Avant un entretien d’embauche.
Incipit.
« Je pouvais voir mon fils jouer avec le chien de notre petite voisine. »
Le passage à retenir par cœur.
Vers 15 heures, le type de la banque m’a téléphoné au travail. C’était désormais le seul endroit où l’on pouvait me joindre. Je n’avais jamais vraiment possédé de portable. Le dernier en date m’avait été volé par mon fils, qui s’était habitué à me dépouiller de tout ce qui pouvait tenir dans ses poches. En général, il me cambriolait la nuit, entrant dans notre chambre avec la délicatesse d’un aveugle ivre mort.
Je le regardais faire. Ouvrir mes tiroirs, tapoter sur ma table de nuit, fouiller mes poches de pantalon. Parfois, nos regards se croisaient dand l’obscurité. Je fermais les yeux pour le rassurer sur mon sommeil. Je savais que mon fils ne revendait pas ce qu’il me dérobait. Il se faisait racketter par une bande de voyous à l’école, à qui il devait faire toutes sortes d’offrandes plusieurs fois par semaine. »
À qui l’offrir ?
À tout le monde, on vous a dit que c’était l’un des livres de l’année.

Chien, Samuel Benchetrit, éd. Grasset, 282 p., 18,50 €
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