Pourquoi lui ?
Il y a deux façons de considérer le récit de John Seabrook. Soit, on pense l’industrie musicale comme les grandes écoles de peinture de la Renaissance, avec un spécialiste des mains, un des visages et un grand nom pour la signature. Ou alors, on pense à Doritos qui dépense des millions de dollars dans des laboratoires pour connaître précisément la taille parfaite d’une chips pour mêler sensation de plein mais sans satiété, le goût… bref qui a remplacé la cuisine par la chimie.
Disons que la première version serait celle d’une attaché de presse en pleine communication de crise.
Ce que vous pensiez de la musique, oubliez-le. Bowie et Prince sont morts. La musique est une science et non un art.
Où le lire ?
Dans le hall d’entrée d’NRJ.
Incipit.
Tout a commencé lorsque le Garçon a été assez grand pour monter à l’avant.
Le passage à retenir par cœur.
Les beats produisent d’agréables vibrations dans le sternum. et les hooks procurent l’équivalent sonore de ce que l’industrie de la junk food appelle le bliss point, le point d’extase – lorsque rythme, son, mélodie et harmonie convergent pour créer ce moment de jouissance unique, c’est le corps qui parle, pas le cerveau.
À qui l’offrir ?
À ceux qui vous disent que Léonard Cohen est bien mignon, mais que 4’36 pour son Hallelujah, c’est un peu long.

Hits !, John seabrook, éd. La Découverte, 385 p., 21 €
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La rédaction
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