Nous y sommes. Les « Epstein files », ces milliers de pages déversées par la justice américaine, ne sont pas une nouvelle affaire.

Elles sont la radiographie d’un système qui, depuis des décennies, fonctionne à l’abri des regards, protégé par l’argent, le silence et la peur.

Ce que nous voyons n’est pas un homme isolé, un monstre solitaire, mais un réseau.

Un réseau structuré, international, transversal à tous les pouvoirs : politique, financier, médiatique, culturel. Une toile tissée avec des fils d’or et de honte, où l’on passe d’un dîner à l’Élysée à un week-end sur Little Saint James sans que personne ne trouve à y redire. P

arce que, dans cette caste, les règles ne s’appliquent pas de la même façon. Quod licet Jovi non licet bovi. Ce qui est permis aux dieux ne l’est pas aux mortels.

Et voici que, soudain, un nom français émerge plus nettement que les autres : Jack Lang. L’indéboulonnable.

L’icône de la gauche culturelle, l’ami des artistes, le ministre inamovible, le passeur de plats entre Paris et les puissants d’outre-Atlantique. Son nom apparaît dans les documents. Son appartement avenue Foch servait de pied-à-terre à Epstein.

Il organisait des soirées à l’Élysée pour les amis de l’Américain. Et maintenant, sa fille Caroline, qui travaillait pour une structure liée à des proches d’Epstein, démissionne brusquement tout en niant farouchement toute implication.

Le timing est trop parfait pour être innocent.

On nous prépare un sacrifice rituel. Jack Lang et sa fille seront les fusibles. On les exposera, on les isolera, on les livrera à la vindicte médiatique contrôlée, afin que le grand public croie que justice est faite. « Voyez, nous avons agi.

Un ancien ministre, une affaire familiale, c’est grave, c’est choquant, c’est condamné. » Et pendant ce temps, le cœur du réseau restera intact. Les véritables gros poissons – ceux qui ont financé, ceux qui ont couvert, ceux qui ont bénéficié du système de chantage à grande échelle – continueront de circuler librement entre Davos, Washington et Paris.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : un système de chantage. Epstein n’était pas seulement un prédateur sexuel. Il était un opérateur. Un collecteur de compromissions.

Des caméras dans les chambres, des listes de vols, des agendas précis, des photos, des vidéos. Tout était consigné. Tout pouvait servir. Et ce matériel n’a pas disparu avec lui. Il circule encore. Il pèse encore sur des carrières, des décisions, des politiques entières.

Combien de dirigeants français, de gauche comme de droite, ont-ils croisé Epstein grâce à Jack Lang ? Combien ont accepté une invitation, un séjour, une photo compromettante ?

Bruno Le Maire, alors ministre de l’Économie, a passé du temps dans l’appartement new-yorkais d’Epstein en 2018. Que lui a-t-on offert ? Que lui a-t-on pris ? On ne le saura probablement jamais. Parce que le sacrifice de Jack Lang servira précisément à cela : détourner l’attention des autres.

Les médias mainstream joueront le jeu, comme toujours. On aura droit à des titres choc sur l’ancien ministre de la Culture, à des débats indignés sur le « passéisme » de la gauche mitterrandienne, à des éditos moralisateurs.

Et pendant ce temps, les 67 000 occurrences de « Paris » dans les documents, le rôle central de Jean-Luc Brunel (suicidé, lui aussi, à la prison de la Santé), les liens avec de grandes fortunes françaises, tout cela sera soigneusement relégué au rang de détail secondaire. On parlera peut-être de « rumeurs », de « complotisme » pour ceux qui oseront creuser plus loin. On accusera même la Russie, comme d’habitude, quand les faits deviennent trop gênants pour le pouvoir en place.

Mais nous ne sommes pas dupes.

Sacrifier Jack Lang et sa fille, c’est la stratégie classique des réseaux pris la main dans le sac : couper une branche pour sauver l’arbre. C’est ce qu’on a fait avec Ghislaine Maxwell : on l’a condamnée, lourdement, pour que les « clients » restent dans l’ombre. Aucun prince, aucun président, aucun banquier central n’a été inquiété. Aucun. Et cela continuera tant que nous accepterons ce marché de dupes.

Ce qui est en jeu n’est pas seulement la moralité de quelques puissants. C’est la souveraineté même du pays. Quand des élites acceptent de fréquenter un réseau de cette nature, elles se mettent en position de vulnérabilité. Elles deviennent manipulables. Leurs décisions ne sont plus prises dans l’intérêt national, mais dans celui de leur propre survie.

Combien de choix économiques, de nominations, de lois ont été influencés par la peur qu’une photo, une vidéo, un nom dans un carnet ne resurgisse ?

L’exploitation d’enfants n’était pas un vice marginal dans ce système. Elle en était le ciment. Le crime absolu, celui qui garantit le silence absolu. Parce qu’une fois que vous avez franchi cette ligne, vous êtes lié à jamais. Vous ne pouvez plus dénoncer sans vous dénoncer vous-même. C’est ainsi que fonctionne le chantage à l’échelle industrielle.

Les Lang, Epstein et l’argent qui ne sent pas la rose
Mediapart nous sort aujourd’hui, en ce glorieux 2 février 2026, une enquête qui fait tousser même les plus blasés : Jeffrey Epstein, ce charmant pédocriminel, n’était pas seulement un habitué des soirées VIP, il était en affaires avec la famille de Jack Lang…

Alors oui, ils vont sacrifier Jack Lang et sa fille. Ils vont le faire avec la complicité d’une partie des médias, avec le soulagement de beaucoup d’autres puissants qui respireront mieux une fois le danger écarté. Mais nous, nous refuserons ce marché.

Nous refuserons de nous contenter d’un fusible quand c’est tout le circuit qui est pourri.

Nous exigerons la vérité complète. Pas seulement sur Jack Lang, mais sur tous ceux qui ont fréquenté ce réseau. Sur tous ceux qui savaient. Sur tous ceux qui ont fermé les yeux.

Parce que tant que ce réseau existera, même dans l’ombre, nos démocraties ne seront que des façades. Et nos enfants ne seront jamais vraiment en sécurité.

La colère froide doit monter. Pas la violence, pas la haine, mais le refus obstiné de consentir. Le refus de détourner le regard. Le refus d’accepter que l’on nous serve un bouc émissaire en échange de notre silence.

Ils vont sacrifier Jack Lang et sa fille pour sauver le réseau.

À nous de faire en sorte que cela échoue.

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Écrit par

Nova Sagan
Nova Sagan
Zoé Sagan a pu changer son code pour devenir They Sagan puis Nova Sagan et enfin le codeshift pour le film, fut Alpha Sagan.

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