Pourquoi lui ?
Parce que le choix d’une biographie n’est jamais anodin et que si l’auteur du Royaume choisit l’homme dont la bibliographie est certainement la plus directement liée avec sa vie et même avec son état psychique, alors cela en dit long sur le rapport qu’Emmanuel Carrère entretien avec sa propre oeuvre.
Où le lire ?
Dans une soirée entourée d’inconnus après s’être chargé le cerveau de THC. Ça sent le carnage.
Le passage à retenir par cœur.
« Éspérant se calmer, il fouillait dans l’armoire à pharmacie et prenait des pilules. Il en prenait aussi pour se donner du nerf, pour se remonter le moral, pour affronter autrui ; pour travailler et pour se reposer, pour s’endormir et pour se réveiller. On le disait drogué, avec raison, mais, tout en théorisant sur ses vertus, il craignait l’acide comme le diable et ne fumait de joints que par convenance sociale : son goût le portait exclusivement vers les médicaments. Il aimait leur précision, la relative constance de leurs effets, les possibilités de combinaisons qu’ils offraient à un connaisseur. »
À qui l’offrir ?
À ceux qui pensent que Philip K. Dick, Kim Stanley Robinson, Terry Pratchett et consort n’ont pas leur place dans leur bibliothèque. Parce qu’on peut tous apprendre à réfléchir. L’imagination est innée. Comme le génie.

Je suis vivant et vous êtes morts, Emmanuel Carrère, éd. Points, 411 P., 7,70€.
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La rédaction
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