Pourquoi lui ?
Paul Verhoeven nourrit une obsession pour Jésus. Des années de séminaires et une étude compulsive l’amène à nous révéler sa version des évangiles. Les miracles y sont utilisés pour masquer une réalité embarrassante. Jésus révèle ses défauts humains, devient une figure de son temps et non plus l’essence divine en permanence contemporaine.
Somptueusement intelligent.
Si vous aussi, vous pensez que Starship Troopers est l’un des films les plus engagés des années 90, alors n’hésitez pas, jetez-vous sur ce livre qui n’est ni polémique, ni infamant, juste éclairant. Quel plaisir.
Où le lire ?
Au catéchisme.
Incipit.
« Je ne sais pas pourquoi j’ai toujours été fasciné par Jésus et cela, dès l’enfance. »
Le passage à retenir par cœur.
« La thèse de la conception de Jésus lors d’un viol vient de la théologienne Jane Schaberg […]. Lorsque je l’ai lu, il m’est venu à l’idée qu’une telle conception violente aurait très bien pu avoir lieu pendant la révolte de Sepphoris. Nous savons par les sources historiques que, directement après la domination romaine, des troubles éclatèrent à divers endroits. L’un des foyers fut Sepphoris, située à six kilomètres de Nazareth. Un certain Judas y menait l’insurrection. Varus, le gouverneur de Syrie, envoya en Galilée quelques’unes de ses légions, placées sous le commandement de son fils. Elles réprimèrent la révolte, incendièrent la ville en guise d’exemple, crucifièrent les rebelles et emmenèrent la population. Dans ce genre de scénario violent, les viols ne sont évidemment pas exclus. »
À qui l’offrir ?
À tout ceux qui portent des serre-têtes en velours, ou des shorts en hiver avec un pull noué sur les épaules.

Jésus de Nazareth, Paul Verhoeven, éd. Aux Forges de Vulcain, 274p., 20 €
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La rédaction
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