Ça n’a l’air de rien comme ça, mais il s’est passé un évènement majeur il y a plus d’un siècle au très prestigieux New York Press Club. John Swinton, l’ancien chef d’état-major du New York Times, avait dénoncé comme jamais la malhonnêteté des médias sur le ton d’un aveu faussement candide [il est intéressant de noter que Swinton a été appelé « Le doyen de sa profession » par d’autres journalistes, qui l’admiraient beaucoup]:
«Il n’y a rien de plus important, à cette date de l’histoire du monde, que la vie de la presse indépendante. Vous le savez et je le sais. Il n’y en a pas un de vous qui ose écrire ses opinions honnêtement, et si vous l’avez fait, vous savez d’avance qu’elles ne seront jamais passées à l’impression. Je suis payé pour garder mes opinions, vous vous êtes payés le même salaire pour des choses semblables, et aucun d’entre vous ne serait assez fou pour écrire des opinions honnêtes. Et si c’était le cas, vous seriez à la rue, à la recherche d’un autre emploi.
Si je laissais mes opinions honnêtes apparaitre dans un numéro de mon journal, en moins de vingt-quatre heures je perdrais mon métier. L’activité de journaliste est de détruire la vérité; de mentir purement et simplement… »
Nous sommes les outils des hommes riches en coulisses. Nous sommes les pantins, ils tirent les ficelles et nous dansons. Nos talents, nos possibilités et nos vies sont leurs propriétés. Nous sommes des prostituées intellectuelles.
Nous serions en droit de penser que plus d’un siècle plus tard, il en serait autrement en France, pays des droits de l’homme, mais il n’en est rien. 7 milliardaires contrôlent 95% de la production journalistique en France. Seulement 7 personnes. Une petite famille, simple à réunir. Cela va de soi que l’information n’est pas leur métier, ce qui les intéresse c’est de vendre des armes, de faire du BTP, de la téléphonie mobile, de la banque ou d’installer de nouvelles formes d’esclavagisme post-moderne en Afrique. Voilà en 2016 notre réalité en France. Posséder des médias, même à perte, est une façon d’obtenir silence et obéissance. Avec le nouveau jeu des « 7 familles françaises », difficile pour les citoyens de se retrouver gagnant. Sans parler du contrôle exercé sur la jeunesse, puisque ces 7 familles ne veulent pas informer les nouvelles générations mais avoir un moyen de pression supplémentaire pour asservir les gouvernements successifs (qui ont eux aussi besoin des médias pour se faire élire) utiles parfois à l’augmentation du chiffre d’affaire des groupes familiaux.
Donc oui, nous pouvons le dire aussi en France, comme l’avait brillamment expliqué John Swinton, « aujourd’hui les journalistes sont des prostituées intellectuelles utilisées comme des pantins ».
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Écrit par
Zoé de Sagan
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