Nous croirons vraiment à la liberté de la presse quand un journaliste pourra écrire ce qu’il pense vraiment de Konbini. Dans Konbini.
A l’heure où le #konbinigate vient de commencer il était important pour nous de vous résumer simplement cette affaire qui n’a l’air de rien mais qui en dit pourtant beaucoup.
La plateforme publie une interview de Macron le 24 Décembre sous la forme d’une propagande d’État, forcement complaisante qui est ensuite critiquée par le média Arrêt sur images révélant juste que l’opération a été signée par la directrice de communication de Konbini, qui est aussi l’ancienne responsable de la communication du PS de 2006 à 2009, de la LICRA de 2010 à 2011, puis de la campagne numérique de François Hollande, en 2012. Au lieu de répondre sur le fond, la directrice de la communication attaque et menace publiquement sur Twitter le journaliste (excellent) d’ Arrêt sur images. De dévoiler des mails de candidature qu’il aurait envoyé au média lorsqu’il cherchait du travail.
En d’autres termes, ce que vient de faire Ariane Vincent, puisqu’il faut la nommer, est simplement hors la loi. L’article 226-15 du code pénal punit la violation du secret des correspondances. Et plus précisément, la loi rappelle, par ailleurs, que « toute correspondance privée quel que soit l’appareil utilisé (téléphone fixe ou mobile, ordinateur, tablette) est couverte par le secret. L’article L. 801-1 du Code de la sécurité intérieure précise que ‘le secret des correspondances émises par la voie des communications électroniques est garanti par la loi’. » Mais ça, chez Konbini on s’en tape parce qu’apparemment on est au dessus des lois françaises. En plus, on peut appeler directement sur le portable de Macron si on a un problème. Alors pourquoi se gêner ?
Ce n’était pourtant pas le scoop du siècle. Révéler que l’interview d’Emmanuel Macron réalisée par Konbini au Niger et tournée par Ariane Vincent était journalistiquement bidon n’a vraiment rien d’étonnant.
Quand on lit dans le Monde Diplomatique, par exemple, les confessions d’un rédacteur de Konbini, ça pique, « à propos de la Coupe du monde de football au Qatar, on voulait faire un article concernant les conditions de travail sur les chantiers, relate Basile, rédacteur pendant trois ans à Konbini. La rédactrice en chef a refusé, parce que Coca n’aurait pas accepté un tel sujet. »
Que rajouter de plus ? A part qu’avoir aujourd’hui opté pour la délation (qui rappelle quand même les sombres heures de la France) comme réponse à une enquête journalistique, c’était à l’image d’Emmanuel Macron qui a aidé bénévolement il y a quelques années la société des journalistes du Monde pour mieux les trahir par la suite. Ces méthodes aujourd’hui sont la nouvelle norme dans notre cher « start-up nation ». Il était temps que les (jeunes) lecteurs de Konbini en soient informés.
A nos yeux, l’année 2018 commencera bien seulement si Konbini arrête ce genre de manœuvre manipulatoire. Pour ça, il faudrait boycotter simplement le média. Si Konbini n’a plus vos clics, konbini perdra ses annonceurs et mourra.
Du #konbinigate au #boycottkonbini il n’y a plus qu’un pas. Parce que si il y a bien une chose qu’un jeune lecteur ne supporte pas c’est d’être pris pour un con.
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Écrit par
Zoé Sagan
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