Pourquoi lui ?
Parce qu’Atiq Rahimi parle d’exil mais aussi de mots. Parce que les mots et l’écriture sont les incarnations de l’érotisme, des élans de l’âme d’autant plus indescriptibles qu’ils sont profonds. Parce que s’exiler, ce n’est pas tant partir que chercher à se rattacher. Chercher l’inébranlable. L’indéfectible.
La ballade du calame rendrait croyant. Avec les lettres pour dieux.
Où le lire ?
Devant une feuille blanche, quand on en vient à oublier que les mains sont les organes qui relient au divin.
Incipit.
Il fait nuit. Et le verbe est toujours absent.
Le passage à retenir par cœur.
J’ai entendu un écrivain, je ne sais exactement quand ni où, expliquer comment il s’acharnait, lors de l’écriture, à réduire une page en un paragraphe, un paragraphe en une phrase, une phrase en un mot…
J’imagine son bonheur, à lui, devant une page blanche !
À qui l’offrir ?
À tout ceux qui ne jurent que par un seul livre, qu’ils appellent saint, et qui paradoxalement prônent l’autodafé.

La ballade du calame, Atiq Rahimi, éd. L’Iconoclaste, 184 p., 18 €
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La rédaction
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