La dernière fois que la gauche m'a fait une crise phobique de la sorte, c'est quand j'ai révélé l'existence de mises en scènes répétées entre Emmanuel Macron et François Ruffin pour faire croire à une opposition qui était en réalité fictionnelle
Il a fallu des années aux militants, et la révélation par confirmations successives non seulement de la trahison de l'homme, mais de ce que ce rapport à la fabrication révélait, pour l'admettre.
La litanie d'insultes, injures, menaces et énonciations de déceptions qui sont intervenues entre temps disaient beaucoup d'êtres qui refusaient d'admettre la faillite de leur croyance, son inanité, leur incapacité à la soutenir.
Il en ira de même en ce qui concerne la fascisation rampante d'une partie de la gauche, qui en est arrivée à légitimer, voir se féliciter, du massacre d'un enfant d'immigrés prolétaire par des fils de bourgeois lyonnais.
Et l'approbation que le principal parti de gouvernement de ce "camp" lui aura donné, après avoir mené directement à ce drame en encensant les principaux membres de l'organisation, la June Garde, qui a amené à la commission de ce crime, et les promotions qu'elle a offerte à au moins trois des personnes impliquées dans le meurtre.
Il faudra du temps pour se déciller et comprendre la nature profondément perverse de la stratégie persecutionnelle et victimaire adoptée par le mouvement.
Il faudra du temps pour comprendre l'impasse dans laquelle cette violence horizontale, qui je le répète, a mené à la mort, nous a plongés.
Il faudra du temps pour comprendre que toutes les justifications avancées ne justifient rien, et que la relativisation par la contextualisation, la mise en équivalence, la diabolisation ou simplement le rappel des crimes et fautes de l'adversaire n'apporte rien.
Car ces éléments sont justement ceux qui sont censés nous en différencier.
La France Insoumise a de la chance, contrairement à ce qu'elle clame et ce qu'elle pense, de la prudence avec laquelle ses adversaires se sont avancés. Elle a de la chance, du silence des Attal, Philippe & cie, qui n'ont aucune idée de quoi penser. Le RN lui-même, diablement embarrassé, Jordan Bardella - probablement en week end prolongé à Monaco - prenant quatre jours pour réagir, M. Tanguy intervenant tel Salomon, etc.
Elle finira par comprendre que tout cela n'était que piège, et façon de dévaster l'héritage que les gilets jaunes avaient construit.
Pour le reste, je dois lancer un avertissement: l'abrutissement militant atteint des proportions inquiétantes.
La pensée, l'écriture, la lecture, sont des remèdes à la pulsionnalité. Et les seuls instruments pouvant nous permettre d'espérer une sortie de ces spasmes et de ces miasmes qui déshonorent tous ceux qui s'y sont vautrés.
La dernière fois que la gauche m'a fait une crise phobique de la sorte, c'est quand j'ai révélé l'existence de mises en scènes répétées entre Emmanuel Macron et François Ruffin pour faire croire à une opposition qui était en réalité fictionnelle.
Élève à l’école Alsacienne, diplômé à Science-Po Paris puis à l’ENS, il est aujourd’hui avocat, notamment de WikiLeaks et de Julian Assange. Il est l’auteur de Crépuscule, vendu à 180 000 exemplaires.