Pourquoi lui ?
Après avoir étudié la beauté, le philosophe Charles Pépin continue son étude des concepts de tous les jours. Ces émotions qui font nos vies mais font rarement les livres.
Ici, Charles Pépin met en scène un néo-Meursault camusien, laissant les événements passer sur son existence avec indifférence.
On y perçoit l’impossibilité d’exister dans un monde unifié, normé, où le jugement du tout déborde sur les choix de chacun. Où l’unique doit laisser prise à la majorité, ou alors accepter l’anathème.
C’est aussi la difficulté de vivre selon le principe nietzschéen de l’amor fati.
Un livre qui nous rappelle que la sagesse et cousine de la lâcheté.
Et cette question posée dans le livre : « comment peut-il cohabiter avec les autres s’il n’est pas affecté par ce qui affecte les autres ? » Et si la douleur était le plus grand, peut-être le seul vrai, lien social.
Où le lire ?
En réunion marketing, pendant la masturbation du choix des couleurs du packshot.
Incipit.
« Je n’ai pas beaucoup dormi mais il y a ce bonheur dans mes muscles, cette chaleur dans mon sang qui me tiennent compagnie. »
Le passage à retenir par cœur.
« Le sujet de la drogue revient régulièrement. Au début, ils ont même imaginé que Rédoine était mon dealer. Je vois bien que la drogue est une manière d’expliquer tout ce qu’ils ne comprennent pas. Ils ne comprennent pas mon amitié avec Ange, ils ne comprennent pas mon attitude le jour de l’enterrement de ma mère, ils ne comprennent pas pourquoi je ne dis pas que j’éprouve du remords, ils ne comprennent pas que je continue à nier la préméditation. Mais si je suis un drogué, alors tout s’éclaire. »
À qui l’offrir ?
Aux stressés, aux énervés, aux mouvementés, aux brasseurs de vents, aux pressés du jugement, bref, à tout le monde.

La joie, Charles Pépin, éd. Allary Éditions, 183 p., 17,90 €
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