Pourquoi lui ?
Parce que la crise de la trentaine est l’ancienne crise de la quarantaine. Crise de sens, crise du quotidien, crise existentielle. Si les anglo-saxons ont raison d’appeler cette crise midlife crisis, alors notre espérance de vie a diminué. Ou alors, c’est notre espérance tout court qui s’est réduite.
Dans une lignée philosophique ancestrale, Éric Metzger invite à suivre les déambulations d’un jeune homme, comme un conte existentiel. Un instantané d’une époque qui prend tout son sens dans le dernier chapitre.
Où le lire ?
Dans votre open space.
Incipit.
« À travers la fenêtre de son bureau, Félix observe les rayons du soleil se cacher un à un derrière les buildings d’acier qui bordent son paysage depuis des années. »
Le passage à retenir par cœur ?
« La petite foule soupire. Déjà, les buveurs s’éparpillent, zombies grelottant, à la recherche d’alcool frais. Et elle ? Va-t-elle aussi partir ? Cela vaudrait mieux s’avoue-t-il. parce que même s’il ne souhaite pas la quitter immédiatement… La trouille de la suite. La suite suppose des actes, et il ne veut pas tomber dans le piège. Non, pire, trop lâche pour passer aux actes. »
À qui l’offrir ?
À ceux qui pensent que la franchise c’est dire tout ce qu’on pense, et non penser tout ce qu’on dit. À ceux qui confondent grande gueule et courage. Égocentrisme et honneur. Agressivité et charisme. Bref, aux cons.

La Nuit des Trente, Éric Metzger, éd. L’Arpenteur, 108 p., 10,90 €
Partager cet article
Écrit par
La rédaction
Rejoindre la conversation
Rick Perlstein, le prophète qu’on aurait dû écouter
De Barry Goldwater à Ronald Reagan, en passant par Richard Nixon, l’historien américain a décrypté depuis vingt ans la mécanique infernale du conservatisme moderne : une machine à exploiter les peurs, à transformer la rancœur en vote et à renaître plus forte après chaque défaite.
Les écrivains en prison ou l'histoire d'une persécution ininterrompue
Depuis François Villon condamné au bannissement jusqu’à Zoé Sagan traînée en justice et bannie des librairies pour avoir osé critiquer le pouvoir en place, une constante traverse l’histoire française : les puissants n’ont jamais supporté que des mots les mettent en cause.