Pourquoi lui ?
Parce que tout le monde ne jure que par Louis Ferdinand Céline mais qu’on oublie ceux qui ont su faire de la poésie avec le langage populaire (même sans guitare ou grosse moustache). Parce que le ton vindicatif de Céline peut fatiguer de temps en temps. Audiard était un poète. Un poète qui avait la pudeur de l’ignorer. Un Céline qui accepte sa faiblesse et celle du monde.
Où le lire ?
En flânant dans les rues de Paris. Une machine à remonter le temps.
Le passage à retenir par cœur ?
« Alors je vais répondre bien franchement, une bonne fois, pour dissiper l’équivoque, pour qu’on n’y revienne plus : chacun ses morts. Les miens sont bien-aimés, ceux dont je partage la détresse et le froid, dont je sais la panique qui les saisit la nuit dans les cimetières désertés, pareille à celle qui agite les malades à la fin des visites, l’épouvantable solitude des gentils qui, parce que je la devine, me précipite à Montrouge, dès l’heure d’ouverture, pour calmer les peurs. Avec l’alibi dérisoir des bouquets.
Chaque journée qui finit est une journée de moins à soustraire au temps me séparant encore de ceux que j’ai perdu. Les autres, ceux d’Azincourt, de Douaumont, du Bazar de la Charité, de Stalingrad, du Pakistan, je m’en branle !… C’est clair, comme ça ?… »
A qui l’offrir ?
À tout ceux qui utilisent le vieux bricolage psychologique de changer sa peine en colère.
La colère n’a pas de poésie, c’est dire son inutilité.

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