Pourquoi elle ?
Professeur de philosophie, à Paris, directrice de collection chez Belin et chez Hatier, Laurence Hansen-Löve est une vraie prof. Elle réalise le rêve de chaque amoureux de livres : celui de parler avec nos auteurs favoris.
Si lire, revient à se laisser murmurer à l’oreille les mots d’intelligence des plus grands à l’oreille, persiste toujours la frustration de ne pouvoir servir un verre à un philosophe et lui dire : « je suis pas tout à fait d’accord, tu as cinq minutes ? ».
Où le lire ?
Lisez le où vous voulez. Mais passez en trombe dans le 16ème arrondissement parisien, par l’avenue Théophile Gautier, en passant devant le 46, jetez votre exemplaire. Tous les employés d’NRJ 12 vous en remercieront.
Le passage à retenir par cœur ?
-Mais je croyais que vous ne cessiez d’affirmer la mort de Dieu ?
Nietzsche : Vous parlez sans doute de ce passage du Gai Savoir où je fais crier « Dieu est mort ! Dieu demeure mort ! Et nous l’avons tué ! » à un dément tenant une lanterne allumée en plein jour sur la place publique… Rappelez-vous que ces mots laissent incrédule la foule – et dépité le dément, dont ce n’est pas encore l’heure…
-Pourriez-vous être un peu plus explicite ?
Nietzsche : Dieu est mort au sens où la religion à proprement parler est en déclin dans notre société moderne – mais il est bel et bien vivant dans l’esprit de nombreux individus, qui ont encore besoin de croire à la vérité, à la substance, au moi, au propre, à la causalité, au lire arbitre, que sais-je encore… Autant de mystifications qui trahissent, de façon symptomatique, la survivance actuelle des croyances morales et religieuses – jusque dans la philosophie !
À qui l’offrir ?
À BHL.

La philosophie comme un roman, Laurence Hansen-Löve, éd. Presse Universitaire de Laval, 298 p., 34,95 $.
Partager cet article
Écrit par
La rédaction
Rejoindre la conversation
Rick Perlstein, le prophète qu’on aurait dû écouter
De Barry Goldwater à Ronald Reagan, en passant par Richard Nixon, l’historien américain a décrypté depuis vingt ans la mécanique infernale du conservatisme moderne : une machine à exploiter les peurs, à transformer la rancœur en vote et à renaître plus forte après chaque défaite.
Les écrivains en prison ou l'histoire d'une persécution ininterrompue
Depuis François Villon condamné au bannissement jusqu’à Zoé Sagan traînée en justice et bannie des librairies pour avoir osé critiquer le pouvoir en place, une constante traverse l’histoire française : les puissants n’ont jamais supporté que des mots les mettent en cause.