Sous couvert de lutte contre la « désinformation » ou les « menaces hybrides russes », l’Union européenne gèle des comptes bancaires, prive des familles de ressources vitales et transforme des citoyens européens en parias sur leur propre sol.

Sans procès, sans preuves publiques, sans recours effectif. L’affaire Hüseyin Doğru n’est pas un cas isolé : elle est le prototype d’une répression qui pourrait bientôt s’abattre sur quiconque refuse la pensée unique.

Hüseyin Doğru, journaliste germano-turc installé à Berlin, fondateur du média indépendant red.media, figure sur la liste des sanctions de l’UE depuis mai 2025.

Bruxelles lui reproche d’avoir couvert les manifestations pro-palestiniennes dans les universités allemandes et d’« attiser la discorde ethnique, politique et religieuse », ce qui, selon l’UE, servirait indirectement les intérêts déstabilisateurs de la Russie.

Des liens avec Moscou ? Aucune preuve tangible n’a été présentée publiquement. Aucun tribunal n’a examiné les faits. Juste une décision administrative, prise dans les bureaux bruxellois, qui a gelé ses avoirs, bloqué son compte bancaire et imposé une interdiction de voyage dans l’ensemble de l’UE.

Conséquences concrètes ? Pendant des mois, ce père de trois enfants, dont deux nouveau-nés, n’a plus pu accéder à ses fonds, pas même à l’allocation minimale de subsistance pourtant prévue par les textes européens. Sa banque, sous pression des sanctions, a tout verrouillé.

« Ce n’est pas seulement moi qui suis sanctionné, mais aussi ma femme et mes enfants », a-t-il déclaré au Berliner Zeitung.

Il ne pouvait plus acheter de nourriture, payer son loyer, ni subvenir aux besoins élémentaires de sa famille. Ce n’est qu’en janvier 2026, après l’intervention de son avocat, qu’un accès partiel lui a été rendu. Mais le fond du dossier reste intact : il est toujours sanctionné, toujours privé de liberté professionnelle.

Pourquoi l’UE et pas l’Allemagne directement ? Doğru l’a expliqué lui-même dans une interview avec Yanis Varoufakis : en Allemagne, une telle mesure contre un journaliste citoyen aurait été difficilement défendable devant un juge. La démocratie allemande, même imparfaite, conserve encore quelques garde-fous. Bruxelles, en revanche, offre le contournement parfait : une sanction « européenne » qui s’impose à tous les États membres, sans débat national ni contrôle judiciaire sérieux.

Et ce n’est que le début. Des observateurs avertis craignent que d’autres journalistes ne subissent bientôt le même sort. Le nom du Suisse Roger Köppel, rédacteur en chef de Die Weltwoche, circule déjà comme cible potentielle pour ses positions critiques envers la politique européenne.

Si Bruxelles peut ruiner un journaliste pro-palestinien sous prétexte de « liens russes » imaginaires, qui sera le prochain ? Un reporter enquêtant sur la corruption européenne ? Un éditorialiste dénonçant la censure numérique ? Un simple citoyen relayant des informations dérangeantes ?

Cette « spoliation bancaire » est une arme d’une efficacité redoutable : elle frappe là où ça fait mal, sans bruit, sans images choc de police anti-émeute. Elle transforme la liberté de la presse en privilège réservé à ceux qui épousent la narrative officielle.

L’UE, qui se présente comme le phare des droits humains, utilise les mêmes outils que ceux qu’elle condamne chez ses adversaires géopolitiques : sanctions extrajudiciaires, asphyxie financière, mise au ban de la société.

Il est temps de sonner l’alarme. Si nous laissons passer cela sans réagir, la presse libre en Europe ne sera plus qu’un souvenir.

Hüseyin Doğru n’est pas seulement une victime : il est le symptôme d’une dérive autoritaire qui menace chacun d’entre nous. Défendre sa liberté, c’est défendre la nôtre. Bruxelles doit rendre des comptes. Immédiatement.

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La rédaction
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Écriture aiguisée sur l'art, la tech, la culture et les zones grises entre les trois. Ton direct, anti-bullshit assumé. On décrypte ce qui se trame dans les médias, l'IA, le cinéma et la société. Bienvenue dans l'anti-chambre prédictive.
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