Pourquoi lui ?
Parce que George Packer est journaliste ET écrivain. Son livre est donc informatif ET bien écrit. Ce qui lui a vallu le National Book Award de 2013 d’ailleurs.
George Packer a eu l’excellente idée de décrire son pays en parlant de ses habitants. Une suite de portraits qui se lisent comme des nouvelles et qui nous parlent du déclin d’un empire. Jay Z, Oprah, mais aussi des hommes de l’ombre de la Maison Blanche, de la Sillicon Valley ou du fin fond des États-Unis.
Une photographie qui fleure bon la Société du Spectacle de Debord.
Où le lire ?
Au Kremlin, ça fera plaisir à Vladimir.
Incipit.
« Personne ne saurait dire quand l’Amérique a commencé à se défaire – quand la structure qui unissait les Américains sous son emprise rassurante et étouffante a commencé à s’effondrer. »
Le passage à retenir par cœur.
« Kunstler, qui vivait dans le nord de l’État de New-York, annonçait la venue de ce qu’il appelait l' »urgence durable », dressant un portrait apocalyptique de l’Amérique de l’ère de la pénurie de pétrole, avec la fin du mode de vie suburbain fondé sur la voiture, une érosion de l’ordre publique, des insurrections sporadiques, la dissolution du pays en régions semi-autonomes et des privations considérables pour un peuple qui avait vécu pendant un demi-siècle dans « la plus grande débauche de luxe, de confort et de loisirs que le monde ait jamais connu ». Les plus aptes à survivre seraient les Américains qui vivaient à la campagne ou dans les petites villes, qui avaient des liens avec leur communauté, des vocations utiles, des compétences techniques et un sens civique bien développé. Les perdants seraient les habitants des régions périurbaines qui poursuivaient le rêve américain dans des maison de quatre cents mètres carrés à soixante kilomètres de leur bureau, devaient prendre leur voiture pour tout, faisaient leur course chez Target et Home Depot, et avaient oublié depuis longtemps l’art et la manière de se procurer leur propre nourriture et leur propre combustible. Pour des raisons géographiques, historique et culturelles, les habitants du Sud seraient particulièrement inadaptés à l’urgence durable, ce qui donnerait lieu à des niveaux particulièrement élevés de pensée délirante et de violence dans le Sud. C’était un avenir que l’auteur, dans la droite ligne des prophètes puritains, semblait attendre et même désirer. »
À qui l’offrir ?
À Georges W. Bush.

L’Amérique défaite, George Packer, éd. Piranha, 443 p., 23,90 €
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Écrit par
Zoé de Sagan
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