Pourquoi lui ?
Parce que ses nouvelles avaient été remarquées et que son premier roman confirme le talent.
Parce qu’on retrouve la poésie simple qui a fait de Cent ans de solitude un chef d’oeuvre.
Parce que les mots sonnent comme une musique. Une musique en apparence inoffensive mais qui s’insinue en vous et joue avec vos émotions.
Parce que les grands parcours qui ont marqués l’histoire de la littérature avec Zarathoustra, Abel Tiffauges ou Ignatius J. Reilly par exemple, ces parcours commençaient à nous manquer.
Parce que Miguel Bonnefoy va marquer les prochaines années en profondeur.
Où le lire ?
Devant une école, avec la mine réjouie de celui qui se délecte. Parce que suivre un analphabète qui apprend la magie de savoir nommer la vie, rien ne peut plus inciter à lire.
Le passage à retenir par cœur ?
« Il ne pillait plus les cimetières : il façonnait les murets, désherbait les niches, aidait à niveler les tombes. Dans les réserves à grains, il se reposait sur une housse de serge blanche. Il vivait sans s’inquiéter, sachant qu’il regagnerait le lendemain ce qu’il avait perdu la veille. Il dépensait les plus riches heures de sa force aux obéissances des plus pauvres.
Les femmes le voulaient pour fils, les filles pour époux. À El Dique, on lui offrit la colline en héritage. Octavio continuait son chemin. Dans sa marche, il avait pour le monde un dévouement presque poétique. Certains parlaient d’un géant né d’un torrent, d’autres d’un esclave arraché à la liberté. Quand on lui demandait, il répondait qu’il venait de la terre. »
À qui l’offrir ?
À ceux qui pensent que lire La Princesse de Clèves n’est pas important ou que Zadig & Voltaire est un bon livre. Et à BHL, parce qu’il faut toujours offrir des livres à BHL.

Le Voyage d’Octavio, Miguel Bonnefoy, éd. Rivages, 124 p., 15€.
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