Pourquoi lui ?
Parce que Philippe Sollers a le don d’être un moraliste amoral.
Où le lire ?
À l’église.
Incipit.
« Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu célébrer la messe. »
Le passage à retenir par cœur.
« Un intellectuel contemporain a fait un jour cette piteuse déclaration : « je dois tout à l’école. » La France est le pays qui a inventé l’école comme religion et cléricature tenace. L’école laïque et républicaine, ses pasteurs, ses évêques, ses archevêques, s’occupe de tout, donne des cartes d’identité, des passeports, des visas. Elle définit la morale, célèbre ses enfants méritants, ses employés, ses serviteurs politiques. L’École Nationale d’Administration condense toutes les aspirations d’État, c’est une armée qui a ses héros, ses martyrs, ses gradés, les instituteurs autrefois, les diplômés du marketing de nos jours. Personne n’oserait se moquer de l’ancien clergé en blouse grise, et encore moins malgré leur désagrégation, de l’École Normale Supérieur, du Collège de France, du Centre National de la Recherche Scientifique, de Polytechnique, ou de l’École Pratique des Hautes Études. Être titulaire d’un Séminaire est une consécration de la loi. »
À qui l’offrir ?
Au gouvernement. Quel qu’il soit.

L’école du mystère, Philippe Sollers, éd. Gallimard, 148 p., 17,50€
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La rédaction
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