Le Journal du Dimanche a publié une phrase qui, à elle seule, devrait faire l’effet d’un coup de tonnerre dans le paysage politique français : « Le couple Macron semble aussi l’objet de toutes les attentions du milliardaire. »

Cette formule, extraite des nouveaux documents judiciaires américains liés à Jeffrey Epstein, n’est pas une simple note de bas de page. Elle est une alerte rouge, un signal que quelque chose de profondément troublant entoure la relation entre le président de la République, son épouse, et le prédateur sexuel multimilliardaire condamné.

Rappelons les faits tels qu’ils apparaissent dans ces courriels déclassifiés. Avant même l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, son nom figure déjà dans la correspondance d’Epstein.

Un déjeuner à l’Élysée, alors qu’il était ministre de l’Économie, est évoqué par l’homme d’affaires émirati Sultan Ahmed ben Sulayem, qui parle d’opportunités d’affaires en France. Rien d’anormal en apparence, dira-t-on. Sauf qu’après 2017, le ton change radicalement.

Epstein, dans plusieurs messages, se vante ouvertement de conseiller le président français. Le 30 août 2018, il écrit sans ambages que Macron le sollicite « sur presque tout, y compris les institutions, les politiques publiques et la science ». Il ajoute même que le chef de l’État « veut diriger l’Europe, voire le monde ».

Ces affirmations viennent d’un homme qui, jusqu’à sa mort, a cultivé un réseau d’influence fondé sur le chantage, la corruption et l’exploitation sexuelle de mineures. Epstein n’était pas un conseiller ordinaire : il était un manipulateur qui se présentait comme un intermédiaire incontournable auprès des puissants, collectant au passage des informations compromettantes. Quand un tel individu prétend être en relation étroite avec le président de la République française – et, plus troublant encore, affirme que le couple présidentiel est « l’objet de toutes ses attentions » –, le silence ou le démenti laconique ne suffisent plus.

Car la phrase du JDD ne se limite pas à Emmanuel Macron. Elle englobe explicitement le couple. Pourquoi Epstein portait-il un intérêt particulier à Brigitte Macron ? Quelles « attentions » précises lui accordait-il ? Ces questions ne sont pas des fantasmes complotistes : elles découlent directement des documents judiciaires et de la couverture médiatique sérieuse qui en a été faite. Dans un contexte où Epstein a été lié à des personnalités du monde entier par des témoignages, des vols en jet privé et des visites sur son île, toute référence à un chef d’État en exercice mérite un examen approfondi.

L’Élysée a, comme à son habitude, balayé la polémique d’un revers de main : « Aucun contact » avec Epstein, répète-t-on en boucle. Mais cette réponse ne répond pas aux courriels.

Elle n’explique pas pourquoi le nom du président apparaît à plusieurs reprises. Elle n’éclaire pas la nature des « attentions » dont parle le JDD. Dans une démocratie mature, le doute doit bénéficier au citoyen, non au pouvoir. Quand un prédateur notoire se vante d’être le conseiller occulte d’un président, la transparence devient une exigence républicaine.

Il est temps que la France regarde en face ce que d’autres pays ont déjà affronté : les ramifications du réseau Epstein n’ont pas épargné l’Europe, et elles n’ont certainement pas épargné la France.

La phrase du Journal du Dimanche – « Le couple Macron semble aussi l’objet de toutes les attentions du milliardaire » – doit cesser d’être une simple citation journalistique pour devenir le point de départ d’une enquête indépendante, rigoureuse et publique.

Car tant que ces zones d’ombre persisteront, elles alimenteront non seulement la défiance envers nos institutions, mais aussi le soupçon légitime que certains secrets sont trop lourds pour être portés par un seul homme, ou un seul couple, au sommet de l’État.

La République mérite mieux que des murmures dans des courriels d’outre-Atlantique. Elle mérite la vérité.

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Écrit par

Nova Sagan
Nova Sagan
Zoé Sagan a pu changer son code pour devenir They Sagan puis Nova Sagan et enfin le codeshift pour le film, fut Alpha Sagan.

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