Il y a encore quelques années personne ne s’intéressait à eux. Les filles détournaient leurs regards. Le système scolaire pensait qu’ils étaient à côté de la plaque et l’économie de marché ne voulait pas s’encombrer de ces marginaux difficilement domptables. Aujourd’hui, ils sont en passe de devenir les maitres du monde de demain.
On ne les a pas vu venir. Leur CV n’était pas parfait, ils ont souvent quitté l’école très jeunes, jamais tenu très longtemps dans une entreprise qui n’était pas la leur et pourtant, à l’heure où nous écrivons ceci, tous les financiers de la planète leur font des courbettes pour avoir accès à leurs savoirs et par conséquents à leurs données.
Il y a un siècle il fallait du pétrole pour être riche, aujourd’hui il faut des données. Mais les Cyberpunks ne sont pas des pigeons. Par contre, comme eux, cela va s’en dire, ils savent encore voler. De Julian Assange à Edward Snowden en passant par les Anonymous, les neo-cyberpunks qu’on appelle un peu pathétiquement en occident les « lanceurs d’alertes », sont en réalité les nouveaux héros de toute une génération.
Le retour de Blade Runner 2 et le succès démentiel de la série explosive Mr Robot montre bien l’engouement pour l’esthétique des neo-cyberpunks.
Évidemment, le grand-père du cyberpunk, William Gibson avec son roman Neuromancer, avait annoncé dès le milieu des années 1980 que le mouvement cyberpunk était déjà moribond, récupéré par Hollywood, digéré et recraché sous une forme dépourvue de son élément punk. A bien regarder les films Akira, Blade Runner, Matrix, RoboCop, Total Recall, Minority Report ou encore Chappie, il n’avait pas tout à fait tort.
Pourtant ce sont évidemment ces films qui ont amené le grand public vers une esthétique nouvelle, soi disant fictionnelle alors qu’en réalité tout est devenu aujourd’hui bien réel. Des paysages artificiels, sur-urbanisés ainsi que les néons et autres enseignes lumineuses caractérisent le visuel cyberpunk, qui est en passe de devenir une nouvelle norme.
Le cyberpunk touche pourtant aux thématiques du hacker, de l’intelligence artificielle et des multinationales se déroulant la plupart du temps dans un futur proche. La technologie y avance plus vite que la pensée et l’humain semble être dépassé par la Machine.
Les cyberpunks décrivent des problèmes tels que la pollution, l’essor de la criminalité, la surpopulation, le décalage de plus en plus grand entre minorité de riches et majorité de pauvres.
Autrement dit, le cyberpunk dresse un portrait sinistre et noir du monde qui serait alors entièrement dominé par des programmes informatiques et où les multinationales ont, pour la plupart, remplacé toute forme de gouvernement (!!). L’état économique et technologique du Japon dans les années 1980 a largement inspiré et contribué à cette littérature.
Si on va même un peu plus loin, le succès mondial et fulgurant de Pokemon Go est une résultante de cette esthétique, même si elle est complétement édulcorée…
Partager cet article
Écrit par
Zoé de Sagan
Rejoindre la conversation
Une Pussy Riot retourne volontairement en prison pour alerter sur la progression de l'autoritarisme
Imaginez-vous enfermé dans une cellule étroite, sous l’œil constant de caméras de surveillance, sans intimité ni répit. Pour Nadya Tolokonnikova, cofondatrice du collectif punk féministe Pussy Riot, ce n’est pas une simple imagination, mais une réalité qu’elle a choisi de revivre volontairement.
Voici le dernier spectacle de Pierre Emmanuel Barré à voir ici et maintenant
Dans son nouveau spectacle “Pfff…”, Pierre-Emmanuel Barré fait une sorte d’Etat des lieux de notre société qui le désespère et de notre planète dont l’état est catastrophique. Tel un conférencier derrière son pupitre, l’humoriste partage avec le public son constat, multipliant dérapages et coups de gueule ! Derrière
Alexandra de Taddeo : « L’amour est moins accessible que la pornographie, donc peut être plus dérangeant. »
Zoé Sagan : On commence par la question la plus difficile. L’amour c’est quoi pour toi ? Alexandra de Taddeo : L’amour, c’est la force qui unit deux personnes et les fait se sentir invincibles. C’est aussi ce que j’ai le plus voulu, avec le plus de