Pourquoi lui ?
Voilà un livre fondamental. De l’un de ceux qui peuvent changer votre vie. Voir l’échec comme une victoire. Rien que ça. Charles Pépin fait, ici, ce qu’il sait le mieux faire : défricher. Pas facile quand on s’attaque à une matière dont les maîtres ont deux ou trois milles ans.
Mais Charles Pépin use d’exemples contemporains. Comme un Slavoj Žižek, comme un penseur ancré dans son époque. « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends », Nelson Mandela. En refermant ce livre, vous repensez l’Éducation nationale, votre propre psychanalyse, bref, tous les sujets abordés par l’auteur. Mais ensuite, vous allez plus loin. Et là, vous réalisez que cette façon de penser pourrait aussi remettre en cause l’ultra-libéralisme, l’égoïsme et en fait à peu près tout ce qui donne envie de vomir, Éric Zemmour compris.
Où le lire ?
Au fond du trou.
Incipit.
Qu’ont en commun Charles de Gaulle, Steve Jobs et Serge Gainsbourg ?
Le passage à retenir par cœur.
Lorsque ses musiciens avaient peur de mal faire, Miles Davis entrait parfois dans des colères froides. Il leur rappelait de sa voix grave qu’il n’y a pas de pire erreur que de vouloir n’en commettre aucune. Le créateur de Birth of the cool et de Kind of blue, qui a sans cesse réinventé sa propre musique, avait cette formule géniale : « Quand vous jouez une note, seule la suivante permettra de dire si elle est juste ou fausse. »
À qui l’offrir ?
À tous ceux qui doutent d’eux-mêmes. Parce que, pour l’instant, ce sont les gens plein de certitudes qui mènent la danse. Et ils n’ont pas le sens du rythme.

Les vertus de l’échec, Charles Pépin, éd. Allary, 225 p., 18,90 €
Partager cet article
Écrit par
Rejoindre la conversation
D’Ernest Hemingway à Anne Frank: des milliers de livres censurées en Amérique
Ils ont rallumé les flammes, mais sans le panache des sorcières d’antan. 4.239 livres crevés, jetés au ban des écoles US, comme des carcasses qu’on laisse pourrir sous le soleil texan. PEN America a compté, et ça fait 10.046 coups de hache dans le papier, de
L’ancien Prix de Flore 2011 condamné à de la prison pour un « resto basket »
Écrivain-poète à la précocité remarquable, ancienne gloire littéraire du début des années 2010, Marien Defalvard fait aujourd’hui parler la chronique judiciaire pour des faits de toute petite criminalité. Il lui est en effet reproché d’être parti sans payer d’un restaurant orléanais, laissant derrière lui une note de
« Scandale », le nouveau roman de Schiappa est pire que le braquage du Fonds Marianne
Qui arrêtera la plume de Marlène Schiappa ? L’ancienne ministre sort courant mai un roman de « new romance » intitulé « Scandale » aux éditions Fayard. Et le résumé rappelle les grandes heures de « Marie Minelli ». Et si la réelle passion des ministres d’Emmanuel Macron n’était pas la politique, mais l’