Pourquoi lui ?
Simplement parce que presque personne en France n’a le courage de publier de telle déclaration (par peur de ne plus être invité par ceux qui détiennent le carnet de chèque de l’humanité) : « Le fascisme et le communisme ont brisé des millions d’êtres humains, mais ils ne sont pas parvenus à les transformer, ni à les rendre transparents. L’homme nu est dans les fers sans souffrance immédiate. Avant la fin de ce siècle, il sera complètement dépendant, intellectuellement et financièrement, de ce système qui va progressivement définir les termes de l’échange entre une vie allongée, moins d’insécurité physique et matérielle, et tout simplement la liberté. »
Où le lire ?
Seul, chez soi ou au bureau, devant son MacBook…
Le passage à retenir par cœur ?
« Cette révolution numérique ne se contente pas de modeler notre mode de vie vers plus d’information, plus de vitesse de connexion, elle nous dirige vers un état de docilité, de servitude volontaire, de transparence, dont le résultat final est la disparition de la vie privée et un renoncement irréversible à notre liberté. Derrière ses douces promesses, ses attraits incontestables, la révolution numérique a enclenché un processus de mise à nu de l’individu au profit d’une poignée de multinationales, américaines pour la plupart, les fameux big data. Leur intention est de transformer radicalement la société dans laquelle nous vivons et de nous rendre définitivement dépendants. »
A qui l’offrir ?
A tout vos amis qui pensent qu’avoir monté une start-up est le summum de la liberté contemporaine.

L’Homme Nu – la dictature invisible du numérique’, par Marc Dugain et Christophe Labbé (Plon-Robert Laffont).
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Écrit par
Zoé de Sagan
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